Essai du DS3 Crossback

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Essai du DS3 Crossback



Jouant la carte du petit SUV chic et personnalisable à l'envi, le DS3 Crossback ambitionne de devenir la nouvelle coqueluche des beaux quartiers.

En coupant les ponts avec Citroën en 2014 et en décidant de mener sa propre vie, DS n'a pas choisi la voie de la facilité. Implanter une marque dans le segment du luxe archi-dominé par les constructeurs allemands est une épreuve de longue haleine. Un parcours semé d'embûches. Yves Bonnefont, le patron de la jeune marque du groupe PSA, évoque souvent un horizon de vingt ans avant de compter vraiment sur le marché. C'est un jeu de construction où les aventures respectives d'Audi et de Lexus peuvent servir d'exemples.

Ambitieuse, la démarche de DS s'appuie sur l'élégance à la française, reconnue dans le monde entier, pour se façonnner une image différente et sortir du lot. Un an après le DS7 Crossback, la marque donne un coup d'accélérateur avec l'arrivée de la DS3 Crossback dans quelques semaines. Ce petit SUV, que nous avons déjà pu éprouver sur les routes exigeantes du Perche, part à la conquête d'une clientèle huppée.



Aileron de requin et toit flottant La DS3 Crossback peut-elle voler la vedette à la Mini, longtemps la façon la plus chic de se déplacer en ville? Il est encore un peu tôt pour le savoir mais le petit SUV français capte les regards. Il remplace la DS3 à l'origine de la naissance de la ligne DS en 2009 et replace le label premium de PSA au cœur du marché en vogue des citadines 5 portes surélevées. De sa devancière, les stylistes ont cru bon de préserver l'aileron de requin. Remontant le long du montant central, ce trait de style réduit la visibilité latérale et l'amplitude d'ouverture des vitres arrière. Ajoutez la faible surface vitrée et les claustrophobes pourront se sentir mal à l'aise à l'arrière. Pour le reste, le deuxième élément de l'offensive DS duplique les codes DS7 dans un gabarit ultracompact de 4,12 m, proche des 4,19 m d'une Audi Q2, mais loin des 4,27 m de la Mazda CX-3 ou des 4,30 m de la Mini Countryman. Des dimensions mises à profit pour se faufiler facilement en ville et trouver plus facilement un stationnement.

Les porte-à-faux réduits, les galbes généreux des ailes arrière, les grosses roues de 690 mm avec les jantes de 18 pouces lui confèrent l'allure d'une boule de nerfs. Elle y ajoute un vaste programme de personnalisation en combinant les dix dessins de jantes, les dix teintes de carrosseries, les trois coloris de toit flottant (blanc, bordeaux ou noir) et les niveaux de finition se distinguant par des touches plus ou moins abondantes de chrome.



Motifs losange et cuir nappa A l'approche du véhicule, avec le système main-libres, les quatre poignées de portes affleurantes se déploient automatiquement, comme chez Tesla. Elles se rétractent dès que l'on quitte son emplacement et que la vitesse dépasse les 3 km/h. Pour éviter les incidents, cela devrait être le cas dès que le conducteur enclenche une vitesse. La plupart des automobilistes vont adorer: on monte à bord de ce SUV doté d'une garde au sol de 285 mm. La montre BRM de la DS7 n'a pas été conservée pour des questions de coût mais les occupants sont plongés dans un univers maroquinier qui n'existe nulle part ailleurs. On retrouve les cinq ambiances DS (Rivoli, Montmartre, Bastille, Opéra, Performance Line) à combiner avec les différents de niveaux de finition. Cela représente plus de 2 000 combinaisons en ajoutant les motorisations.

À partir de la version de base Chic, le client aura le choix entre deux typages, confort ou sport. Selon les versions, vous aurez le droit au tissu, à la suédine ou au cuir. Ce dernier pourra être travaillé de plusieurs façons, avec un gaufrage ou un motif façon bracelet de montre et enrichi de surpiqûres au point perle ou au motif diamant. La présence de plastiques durs dans les parties basses de l'habitacle devient secondaire. L'effet produit, spectaculaire, atteste que le luxe n'est décidément plus une question de taille. C'est si vrai que la DS3 Crossback se dote de nombreux raffinements de sa grande sœur: projecteurs adaptatifs à led matrix, système de conduite autonome de niveau 2, assistance au parking (Park Pilot), freinage d'urgence automatique , surveillance des angles morts et du franchissement de ligne, lecture des panneaux routiers. L'instrumentation est entièrement numérique et personnalisable; l'ergonomie soignée repose sur un écran tactile (de 5 à 10,3 pouces) dont l'accès aux différentes fonctions peut aussi être effectué via les commandes tactiles situées autour des aérateurs centraux. Enfin, un affichage tête haute à lame translucide (+ 400 € sur le niveau 2) contribue au confort de conduite. Le plus sensationnel à bord de la DS3 Crossback est le rapport encombrement/habitabilité. Passé l'exiguïté des portes, l'espace arrière offre suffisamment d'espace aux jambes et en garde au toit à deux adultes. Par contre, le volume de coffre ne dépasse pas celui d'une citadine. Enfin, la visibilité vers l'arrière n'est pas son point fort et l'instrumentation en forme de losange et les lève-vitres en métal guilloché installés sur le tunnel central et provenant de la DS7 ne seront pas du goût de tous. Pour enlever la poussière logée dans la cavité de ces derniers, il faudra sans doute user des cotons-tiges. Un 3-cylindres pétillant

Le DS3 Crossback inaugure la plateforme modulable CMP dédiée aux petites voitures du groupe. Procurant un gain de 30 % en rigidité et une économie de poids de 30 % par rapport à celle qu'elle remplace, cette structure ouvre la voie à l'électrification. À la fin de l'année, le petit SUV DS sera ainsi le premier modèle de nouvelle génération de PSA à disposer d'une version 100 % électrique (à partir de 39 100 €). En attendant, au lancement, l'offre s'articule autour du 3-cylindres 1,2 l turbo décliné en trois niveaux de puissance (100, 130 et 155) et le 4-cylindres turbo diesel 1,5 l 100 ch. Pour ce premier galop d'essai, DS nous a confié son haut de gamme, une version 155 ch associée à la finition de lancement «La Première» et facturée tout de même 40 500 €. Elle dispose de la hi-fi Focal à 12 HP (+ 850 €) dont on n'hésite pas à augmenter le son, autant pour profiter de la qualité de l'installation que pour masquer les bruits aérodynamiques dans la zone des rétroviseurs et des portes, à partir de 110 km/h. Des bruits de roulement accompagnent l'évolution sur une chaussée très abrasive. Cela n'empêche pas de discerner la sonorité caractéristique du pimpant 3-cylindres. Il est associé à l'agréable boîte automatique à 8 rapports. Pour profiter pleinement de ce groupe motopropulseur tonique et d'un châssis dénué de roulis, on privilégie le mode sport modifiant la gestion du moteur, les lois de passage des rapports et la fermeté de la direction. Cette version ne permet pas seulement de tenir son rang sur la route. Elle se signale aussi par sa sobriété, revendiquant une consommation de 5,2 l/100 km (119 g/km) avec les roues de 18 pouces.

Notre avis Voici enfin un petit SUV français capable de tenir la dragée haute aux reines des beaux quartiers. La petite DS a du style, au risque parfois d'en faire un peu trop, et de la tenue. Malgré son gabarit ultra compact que nous voyons comme un avantage, elle a tout d'une grande. Y compris son tarif. Mais ce sera l'assurance de sortir du lot avec un raffinement hors pair et inédit à ce niveau de gamme.


Source :

http://www.lefigaro.fr/automobile/2019/03/12/30002-20190312ARTFIG00047-ds3-crossback-le-premier-essai.php

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