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[Les sportives Citroën] Xantia Activa V6 : la sportive Citroën qui a surclassé les supercars

  • Photo du rédacteur: Jérémy
    Jérémy
  • il y a 7 minutes
  • 5 min de lecture
Citroën Xantia Activa V6

Dans l’histoire des créations sportives de la marque aux chevrons, le public retient généralement les bombinettes agiles qui ont marqué les années 1980 et 1990, à l'image des bouillonnantes AX GTi ou Saxo VTS. Pourtant, le véritable génie de l'ingénierie automobile française s'est parfois niché là où on l'attendait le moins. Notre série consacrée aux sportives Citroën s'enrichit aujourd'hui d'un chapitre singulier. Point de citadine radicale ni de coupé tapageur au programme, mais une sage berline familiale en apparence, qui dissimule sous ses lignes fluides un tempérament de feu et une tenue de route tout simplement époustouflante : la Xantia V6. Conçue pour coiffer la gamme avec élégance, cette berline a redéfini les notions de dynamisme et de sécurité active, s'imposant comme le chant du cygne d'une certaine idée de la haute technologie hydraulique.

Le moteur ES9 : l'orfèvrerie à six cylindres de l'ingénierie française

Pour comprendre la genèse de cette déclinaison d'exception, il faut remonter au milieu des années 1990. À cette époque, Citroën affiche une volonté claire de renforcer le positionnement haut de gamme de la Xantia, dessinée avec brio par le studio Bertone. Afin de rivaliser sereinement avec les exigeantes berlines allemandes de référence, l'intégration d'une motorisation noble s'avère indispensable. Le constructeur choisit d'abandonner le vieillissant moteur PRV pour se tourner vers une mécanique moderne de premier ordre.

C'est en janvier 1997 qu'apparaît la Xantia équipée du tout nouveau bloc V6 ES9J4. Développé conjointement par PSA et cofinancé par Renault, ce moteur de 2 946 cm³ se présente comme une véritable pièce d'orfèvrerie technique. Conçu entièrement en aluminium, ce bloc ouvert à 60° adopte un double arbre à cames en tête par rangée de cylindres et 24 soupapes. Gérée par une électronique de pointe Bosch Motronic, cette mécanique feutrée mais vigoureuse développe une puissance de 194 ch associée à un couple généreux de 272 Nm disponible dès les bas régimes.

Cette motorisation haut de gamme métamorphose la Xantia. Elle devient instantanément la version la plus performante de l'histoire du modèle, capable de propulser la berline jusqu'à une vitesse maximale oscillant entre 230 et 240 km/h selon les configurations. L'exercice du 0 à 100 km/h est quant à lui expédié en seulement 7,6 secondes dans sa configuration à boîte manuelle. Si l'intégration de ce bloc massif a grandement rempli le compartiment moteur, rendant l'accessibilité mécanique complexe, l'agrément distillé s'avère exceptionnel. Seul petit regret technique de l'époque, l'assistance de la direction de la Xantia V6 n'était pas asservie à la vitesse, un détail qui n'entachait en rien l'onctuosité de cette grande routière.


Châssis Activa et système SC-Car : la révolution de la tenue de route absolue

Le brio de la Xantia V6 ne résidait pas uniquement sous son capot, mais principalement dans sa liaison au sol, déclinée selon deux philosophies distinctes. D'un côté, la finition V6 Exclusive privilégiait le luxe absolu et le confort souverain des grandes Citroën de voyage. Elle associait le moteur de 194 ch à la suspension Hydractive II, une sellerie en cuir raffinée, une climatisation automatique et un équipement d'une grande richesse, disponible au choix avec une boîte manuelle à 5 rapports ou une transmission automatique ZF à 4 rapports.

De l'autre côté se dressait la véritable version sportive et technologique de la gamme : la Xantia Activa V6. Cette déclinaison représentait l'aboutissement ultime de plusieurs décennies de recherches technologiques initiées par l'illustre ingénieur Paul Magès dès les années 1950. Le secret de son efficacité résidait dans le fameux système SC-CAR (Système Citroën de Contrôle Actif du Roulis). En mariant les vertus de la suspension hydraulique à un dispositif actif unique doté de vérins pilotés, la voiture parvenait à corriger l'inclinaison de la caisse en temps réel. Le roulis en virage se trouvait ainsi limité à environ 0,5° seulement. Pour le conducteur et ses passagers, l'expérience s'avérait déroutante : la berline virait totalement à plat, éradiquant les transferts de masse latéraux habituels.

Cette suprématie technique a été projetée sur le devant de la scène internationale lors du célèbre test de l'élan réalisé par le très rigoureux magazine automobile suédois Teknikens Värld. En 1999, la Xantia Activa V6 a accompli ce parcours d'évitement d'urgence à la vitesse sidérante de 85 km/h. Pendant plus d'un quart de siècle, aucune voiture de série, toutes catégories confondues, n'a réussi à faire mieux. Ce modèle familial français a ainsi conservé un record du monde absolu, devançant des supercars d'élite pourtant nées bien des années plus tard, à l'image de l'Audi R8 V10 Plus (83 km/h), de la McLaren 675LT (83 km/h) ou encore de la Porsche 911 GT3 RS. Le système Activa garantissait un contact optimal entre les pneumatiques et la chaussée, transformant cette berline familiale en une redoutable machine d'efficacité pure.


La carrière commerciale de la Xantia V6 : rareté et dynamique youngtimer

Malgré des qualités dynamiques hors du commun, la Xantia V6 est demeurée une automobile relativement confidentielle sur le marché. Sa commercialisation s'est étendue de 1997 à 2001, prenant le relais de la variante Citroën Xantia Turbo CT Activa qui fut retirée du catalogue dès l'année 1997. Durant ces quatre années de production, la diffusion est restée limitée, la clientèle de l'époque se tournant plus volontiers vers les motorisations diesel HDi ou les blocs à quatre cylindres plus économiques.

La production de la prestigieuse déclinaison Activa V6 est ainsi estimée à moins de 2 700 exemplaires, noyée dans une production totale de variantes Activa (tous moteurs confondus) s'élevant à 18 236 unités. Cette rareté historique explique le statut de youngtimer hautement désirable dont elle jouit aujourd'hui auprès des collectionneurs avertis. Sur le marché de l'occasion et de la collection, la côte de la Xantia V6 affiche une trajectoire ascendante très nette. Les exemplaires les plus recherchés sont incontestablement les versions Activa V6 en phase 2 (commercialisées après le restylage de 1998), dotées d'un historique d'entretien limpide et revêtues de teintes emblématiques d'époque telles que le Rouge Pivoine, le Gris Quartz ou le très élégant Vert Véga.

L'acquisition d'un tel monument de l'histoire Citroën exige toutefois une vigilance de chaque instant. L'entretien du système hydraulique spécifique, qui compte pas moins de dix sphères sur la version Activa, requiert des compétences pointues et un suivi rigoureux. Le remplacement régulier des fluides, la vérification de la courroie de distribution du bloc ES9, le contrôle des bobines d'allumage ou la surveillance de l'étanchéité des circuits haute pression sont indispensables pour préserver l'intégrité de l'auto. De plus, la gestion de la boîte automatique 4HP20 des versions Exclusive ou la recherche de pièces spécifiques au système SC-Car peuvent alourdir les coûts de restauration. C'est le prix à payer pour rouler à bord d'un chef-d'œuvre technologique totalement préservé de la corrosion.


En définitive, la Citroën Xantia V6 occupe une place à part, presque sacrée, au Panthéon des grandes berlines françaises. Avec ce modèle, la marque aux chevrons a manifestement choisi de privilégier une élégance dynamique souveraine plutôt qu'une sportivité radicale et inconfortable. Pourtant, les performances pures étaient bel et bien au rendez-vous, magnifiées par une innovation technologique de rupture. En associant la noblesse du bloc six cylindres au système révolutionnaire Activa, Citroën a magnifié sa propre légende en concevant une automobile capable de virer à plat et de se muer, sur commande, en une véritable bête de circuit à l'efficacité inégalée. Éclipsée à son lancement par un déficit d'image face aux productions germaniques et par une communication étonnamment timorée de la part de la direction de l'époque — qui laissa le record du test de l'élan s'épanouir dans l'ombre avant sa redécouverte numérique —, la Xantia V6 s'impose aujourd'hui comme l'une des versions les plus désirables, si ce n'est la plus désirable, de l'histoire contemporaine de la marque. Une icône intemporelle de l'audace et du génie français.

À propos de l’auteur
✍️ Je m’appelle Jérémy K., fondateur du site Passionnément Citroën.
Passionné d’automobile depuis toujours et de Citroën en particulier, je partage chaque jour l’actualité de la marque à travers des articles, essais, analyses et dossiers.
J’ai également créé le magazine Être Citroëniste et la chaîne YouTube Passionnément Citroën, pour faire vivre et transmettre cette passion sous toutes ses formes.
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