[Les anniversaires Citroën] La Citroën B14 fête ses 100 ans
- Jérémy

- il y a 2 heures
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L'année 2026 s'annonce comme un cru exceptionnel pour les amoureux de la marque aux chevrons. Alors que nous nous apprêtons à célébrer les anniversaires de modèles marquants tels que l'AX, la Saxo ou encore le Berlingo, un monument de l'histoire automobile française s'apprête à souffler ses 100 bougies : la Citroën B14. Lancée en 1926, cette automobile n'est pas seulement un vestige du passé, mais le témoignage vivant de l'audace d'André Citroën. À une époque où l'industrie cherchait encore ses marques, la B14 a imposé des standards de sécurité et de production qui résonnent encore aujourd'hui dans l'ADN de la marque.
La genèse d'une pionnière : du "Tout Acier" au servofrein
La Citroën B14 voit le jour pour succéder à la B12. Présentée officiellement lors du Salon de Paris en octobre 1926, elle marque une rupture technologique majeure. Au cœur de sa conception, on retrouve la technologie "Tout Acier", une avancée que Citroën a commencé à généraliser dès 1924 pour offrir une rigidité et une sécurité accrues par rapport aux structures en bois entoilées de la concurrence. Sous son capot, la B14 abrite un moteur 4 cylindres en ligne de 1539cm³. Ce bloc, alimenté à l'essence , développe une puissance de 22 chevaux à 2 300tr/min, permettant d'atteindre une vitesse maximale de 80km/h.
L'une des innovations les plus marquantes de ce modèle réside dans son système de freinage. Pour la première fois sur une automobile de grande série, Citroën équipe son châssis d'un servofrein à dépression (système Westinghouse), illustrant la volonté d'André Citroën de garder une longueur d'avance en matière de sécurité active. Le châssis a également été allégé par rapport à ses prédécesseurs tout en gagnant en robustesse. La polyvalence est le maître-mot de la gamme, avec une multitude de carrosseries assemblées à l'usine de Paris Javel:
Le Torpédo (4 portes ouvertes avec capote) décliné en versions série, luxe et commerciale.
La Conduite intérieure (4 portes, 6 glaces et malle arrière) en série, demi-luxe et luxe.
La Berline (4 portes, 4 glaces et malle arrière).
La Familiale offrant 6 glaces et une malle arrière.
Le Coach (2 portes, 4 places) et le Cabriolet (2, 3 ou 4 places).
Des versions spécifiques comme le Coupé de ville, le Taxi (en landaulet ou conduite intérieure) et l'utilitaire Normande.
L'évolution rapide : de la B14 à la B14F
Le succès ne se fait pas attendre, mais fidèle à son esprit de perfectionnement continu, André Citroën fait évoluer le modèle très rapidement. Dès le mois de mars 1927, la B14 laisse place à la B14F. Bien que l'esthétique générale reste fidèle au dessin originel, les améliorations techniques sont notables. La principale différence réside dans la généralisation et l'optimisation du servofrein Westinghouse, qui devient un argument de vente majeur pour rassurer une clientèle de plus en plus soucieuse de la sécurité routière.
La B14F bénéficie également de retouches mécaniques visant à améliorer le confort de conduite et la souplesse du moteur de 8 chevaux fiscaux. Le poids du véhicule, aux alentours de 1100 kg , est parfaitement géré par la boîte de vitesses à 3 rapports. Cette réactivité industrielle permet à Citroën de maintenir une cadence de production élevée dans son usine de Javel, consolidant sa position de leader sur le marché français face à une concurrence qui peine à suivre le rythme des innovations technologiques et des méthodes de production de masse importées des États-Unis.
La maturité avec la B14G et la transition vers la C4
La dernière évolution de cette lignée est présentée au Salon de Paris d'octobre 1927 sous l'appellation B14G. Cette version représente l'aboutissement du concept B14 avant le passage à une nouvelle génération de véhicules. Les modifications par rapport aux versions précédentes sont essentiellement d'ordre esthétique et pratique, avec notamment des angles de pavillon plus arrondis sur les conduites intérieures pour affiner la silhouette de la voiture.
Malgré ses qualités indéniables et un succès commercial massif avec un total de 127 600 exemplaires produits, la carrière de la B14 sera extrêmement courte. Dès l'année 1928, elle est remplacée par la Citroën C4. Cette transition rapide témoigne de l'accélération du progrès technique à la fin des années 20. La B14G aura servi de pont, perfectionnant la technologie du tout acier et du freinage assisté, tout en préparant le terrain pour les modèles plus modernes et puissants qui allaient définir la décennie suivante. Elle reste aujourd'hui une pièce de collection prisée, symbolisant l'âge d'or de la production industrielle de Javel.
Un héritage durable dans l'histoire des chevrons
En conclusion, la Citroën B14 peut être considérée comme l'ultime et plus brillant représentant des voitures de "Type B". Ayant pris le relais de la pionnière Type A, la lignée des B s'achève avec ce modèle pour laisser place à la nouvelle nomenclature des Type C avec la C4 en 1928. Pourtant, l'influence de la B14 dépasse sa simple fiche technique. En démocratisant la carrosserie "Tout Acier" et en introduisant le servofrein sur un véhicule populaire, elle a prouvé que l'innovation n'était pas réservée aux voitures de luxe. En 2026, célébrer le centenaire de la B14, c'est rendre hommage à une vision : celle d'une automobile sûre, robuste et accessible, des valeurs qui continuent de guider Citroën un siècle plus tard.




















Pour compléter la liste des modèles existants, on peut encore rajouter la très très rare version Caddy, les berlines à carrosserie souple Manessius, les coach 2 portes Weymann….etc…
Je partage un objet de ma collection, cette grande affiche représentant une version faux cabriolet ou coach.
On l’appelait aussi à l’époque cabriolet non décapotable !!