Le darwinisme selon PSA

Pour traduire l'article, faîtes un clic droit sur l'article  puis "Traduire"

Le darwinisme selon PSA



Lors du salon de Francfort, Carlos Tavares, Président du directoire du Groupe PSA, a rencontré les journalistes, l'occasion de revenir sur nombre de ses mantras qu'il répète à l'envi depuis quelques temps.


Sans être farouchement opposé aux véhicules électrifiés, les multiples lancements de modèles électrifiés chez PSA le prouve, Carlos Tavares reproche les politiques d'émission de CO2 qui contraignent la liberté de circulation des automobilistes européens. "Jusqu'à quand les citoyens européens se laisseront-ils dicter par la pensée unique ce qui est bien ou mal ?".  Les consommateurs courent le risque "de ne plus pouvoir passer ses vacances au-delà d'un rayon de cent kilomètres" soulignant que "l'ensemble des modes de vie allaient être impactés. Ça a commencé par l'automobile, maintenant ça touche l'aérien. Et ça va continuer avec l'empreinte carbone sur les divers produits, les aliments, les loisirs" a-t-il indiqué. Ces multiples contraintes conduiront à de vastes transformations de l'industrie automobile afin de pouvoir répondre aux strictes normes d'émissions fixées qui, si elles n'étaient pas respectées, amèneraient à de fortes amendes. En effet, l'Europe a fixé une moyenne de 95 grammes de CO2 en 2021 (calcul effectué sur 2020) et chaque gramme supplémentaire aura comme conséquence une amende pour chaque voiture vendue soit potentiellement des centaines de millions d'Euros.


Cette forte contrainte qui pèse sur tous les constructeurs automobiles européens fait dire à Carlos Tavares que l'industrie automobile européenne "va entrer dans une période extrêmement agitée, entre maintenant et 2030. C'est toute la période de transition énergétique qui va normalement voir se déployer pleinement les technologies d'électrification. Donc il va y avoir des enjeux technologiques, des enjeux de qualité, de coûts pour les utilisateurs. Donc, il faut que les véhicules restent abordables pour que notamment les classes moyennes de nos sociétés puissent continuer à protéger leur liberté de mouvement."


Et, pour Carlos Tavares, la solution pour surmonter ces contraintes est d'être le plus agile possible. Il ne s'agît pas d'être le plus fort ni le plus intelligent mais il s'agit d'être le plus agile, celui capable de s'adapter le mieux possible aux changements. Le Groupe PSA est prêt pour cette période darwinienne mais Carlos Tavares fait comprendre que ces adaptations seront aussi nécessaires pour "les citoyens. Ils ont voté une certaine direction. Cette direction, elle est tout à fait louable, elle est respectable. Nous sommes là pour servir cette intention. Maintenant, peut-être que les citoyens n'ont pas totalement compris l'ensemble des changements que leur vote porte implicitement. Et ils vont le découvrir au fur et à mesure que les choses vont se dérouler devant leurs yeux."


Face à ces multiples tensions, il serait tentant d'essayer d'être le plus fort pour pouvoir les surmonter et avaleur les potentielles amendes, mais pour Carlos Tavares, le Groupe PSA est prêt et n'a pas besoin d'alliances "Sur le plan de notre capacité à être maître de notre destin, par l'investissement dans les technologies qui sont nécessaires, la position du groupe PSA aujourd'hui est une excellente position" annonce-t-il. "Nous avons un bilan qui est extrêmement sain, une rentabilité qui est une des meilleures au monde et donc nous sommes capables de financer notre recherche et développement, et nos investissements par l'efficience économique que nous avons déjà démontrés. Donc, de ce point de vue-là, nous sommes parfaitement confortables." indique-t-il. Ouvert à de possibles alliances sans en avoir absolument besoin, tel est le discours du Groupe PSA.


Carlos Tavares fait de la rentabilité et de la performance une quête obsessionnelle qui s'est traduite par des usines compactées, des modèles moins nombreux et moins coûteux à produire faisant du Groupe PSA, un des leaders mondiaux en termes de rentabilité après avoir frôlé la banqueroute en 2014. La théorie du Président de PSA est simple et il l'explique ainsi "Je veux nous mettre à l'abri des ennuis qui vont atteindre les plus faibles, en nous rendant plus robustes, plus sains et plus rentables afin de continuer à investir dans de nouvelles technologies »


Face aux mastodontes difficiles à manœuvrer, Carlos Tavares, en pilote émérite, veut faire de PSA un groupe agile, souple mais performant capable d'investir pour pérenniser l'entreprise en gardant à l'esprit qu'en cas de grosse difficulté, il sera "renvoyé à mes responsabilités qui consistent à protéger mon entreprise », en ajoutant qu'il« prendrait les décisions nécessaires de la manière la plus humaniste possible, et bien entendu, après en voir discuté en amont avec les partenaires sociaux. ».


943 vues