Future Citroën C1 : Le projet "Eurocar" pour une voiture électrique à moins de 15 000 € ?
- Jérémy

- il y a 3 heures
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Le paysage automobile européen traverse une zone de turbulences majeures où le volume des ventes peine à retrouver sa vigueur d'antan. Le niveau du marché continental n'est guère florissant et le prix des véhicules neufs s'impose comme l'un des freins principaux à la consommation. En quelques années, les automobilistes ont assisté à la quasi-disparition des voitures proposées sous la barre symbolique des 15 000 €, un segment pourtant essentiel pour la mobilité du plus grand nombre. Citroën, dont l'identité est intrinsèquement liée à l'accessibilité, a pris la pleine mesure de cet enjeu. Si la marque aux chevrons laissait entendre depuis quelque temps qu’elle envisageait un retour de la Citroën C1, elle semble aujourd'hui franchir une étape décisive. Désormais, le constructeur ne fait plus mystère de ses intentions réelles : réinvestir le segment des mini-citadines avec une offre disruptive.
La catégorie M1E : Le levier européen pour des voitures électriques abordables
La baisse structurelle des ventes en Europe est un signal d'alarme pour l'industrie, la région étant la seule au monde à ne pas avoir retrouvé ses niveaux d'immatriculations d'avant la crise sanitaire. Face à ce constat et à la pression croissante des constructeurs extra-européens, la Commission européenne a ajusté sa feuille de route. En décembre 2025, le « Paquet automobile » a introduit des assouplissements stratégiques. Outre l'aménagement de l'objectif 2035 (désormais fixé à une baisse de 90 % des émissions de CO₂ au lieu de 100 %), Bruxelles a ouvert la voie à une nouvelle catégorie technique nommée M1E.
Cette catégorie M1E vise à favoriser la production de voitures électriques compactes sur le sol européen en limitant les contraintes normatives souvent coûteuses. Elle concerne les véhicules de moins de 4,20 mètres de long et offre un avantage comptable majeur : chaque unité vendue comptera pour 1,3 véhicule dans le bilan carbone annuel des constructeurs. Si cette mesure est incitative, proposer une voiture électrique de plus de 4 mètres à 15 000 € demeure, à l'heure actuelle, une utopie économique pour les ingénieurs. C'est précisément pour cette raison que les regards se tournent vers un format plus réduit, de type segment A, qui permettrait plus facilement le retour d’une voiture de type C1 dans la gamme Citroën, répondant ainsi à une demande réelle de mobilité urbaine économique.
Xavier Chardon confirme l'ambition de Citroën sur le segment A
Lors d'un entretien récent, Xavier Chardon, le Directeur Général de Citroën, a posé un diagnostic lucide sur l'offre actuelle de la marque. Il reconnaît sans détour qu’il manque un véhicule sous la C3 pour couvrir l'intégralité des besoins. Surtout, il clarifie l'orientation technologique de ce futur modèle : il ne s'agira pas d'une version « Ami+ » à quatre places limitée à 80 km/h. Pour le patron de Citroën, le futur se joue sur un véritable véhicule particulier, capable de succéder à la C1 dont la production s'est arrêtée en 2022. Stellantis a d'ores et déjà un projet en cours pour répondre à ce défi.
Xavier Chardon souligne la complémentarité des marques au sein du groupe : « Ça ne sert à rien que toutes les marques du groupe Stellantis s’adressent aux mêmes groupes de clients ». Selon lui, chaque entité possède son ADN propre. Si Peugeot se concentre sur le segment C et Citroën sur les segments B et C avec les C3 et C4, Fiat a vocation à porter les segments A et B. Toutefois, Citroën reste « évidemment légitime pour repartir » sur le créneau de la C1. Le réservoir de clients potentiels est jugé « immense », car seule la Dacia Sandero parvient encore à proposer des tarifs attractifs en thermique, tandis que l'offre électrique sous les 20 000 € reste embryonnaire ou contrainte par une autonomie limitée. Comme c'est souvent le cas au sein des grands groupes automobiles, c’est parfois du côté des partenaires techniques, ici Fiat, que l’on obtient les informations les plus précises sur les futurs lancements.
Le projet Eurocar : L'alliance entre Citroën et Fiat pour 2028-2029
Le projet commun, baptisé Eurocar au sein du groupe Stellantis, commence à livrer ses secrets. Fiat a déjà annoncé viser un véhicule d'environ 3,50 mètres de long, une dimension qui correspond parfaitement aux futures remplaçantes de la Panda et de la Citroën C1. Ce modèle serait conçu pour être multi-énergie, mais Xavier Chardon est catégorique sur un point : la version électrique sera plus accessible que toute autre motorisation thermique ou hybride. Cette équation s'explique par les futures normes antipollution Euro 7, les malus écologiques et les avantages réglementaires liés à la catégorie M1E. En intégrant ces paramètres, l'électrique devient naturellement la solution la plus compétitive financièrement pour le client final.
Cependant, la concrétisation de cette ambition demande de la patience. Si la volonté politique et industrielle est clairement affichée tant chez Fiat que chez Citroën, le groupe doit encore stabiliser l'équation économique pour garantir un prix de vente sous les 15 000 € sans sacrifier la rentabilité. Entre la phase d'étude actuelle et le développement industriel, une arrivée sur le marché avant l'horizon 2028 ou 2029 semble peu probable. Stellantis doit en effet accélérer ses cycles de développement pour répondre à la concurrence, tout en sécurisant une chaîne de valeur européenne pour ses batteries et ses composants.
Conclusion
Il apparaît désormais certain, au regard des déclarations croisées de Citroën et de Fiat, qu'une nouvelle voiture destinée à remplacer la Citroën C1 et la Fiat Panda est plus que sérieusement envisagée voire même déjà décidée. Ce projet, porté par la nouvelle réglementation européenne M1E, vise à redonner ses lettres de noblesse à la voiture populaire et accessible. Si l'équation économique reste le défi majeur pour descendre sous les 15 000 €, la multiplication des annonces autour du projet Eurocar confirme que Stellantis a fait de ce segment une priorité stratégique. Le groupe semble déterminé à ne pas laisser le champ libre à la concurrence sur le terrain de la mobilité électrique pour tous.





Sûr que c'est une bonne idée de ne pas laisser la place aux Aygo et autres Coreo-chinoises, et Citroën y est légitime, mais je vois que FIOT va être le grand gagnant dans l'affaire, on le voit avec la Panda et la copie de Basalt... comme d'hab les Chevrons font le boulot et FIOT Popel et Pigeot sont des cibles plus "haut de gamme"... c'est pitoyable.
Voila une bonne nouvelle !
Ca va donc être un projet Citroën / Fiat et peut être opel(?)
Fiat a quand meme sa 500! espérons que la C1 ne sera pas sur cette base trop typée Fiat !