Essai du DS7 Crossback 225

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Essai du DS7 Crossback 225



Le DS 7 Crossback est le premier exemple de l'embourgeoisement voulu par DS qui est, depuis quelques années, un constructeur à part entière. La marque "aristocrate" du groupe PSA n'a cependant pas encore gagné ses lettres de noblesse. Le fait-elle avec cette version de 225 ch, la plus puissante actuellement au catalogue du DS 7 Crossback ?

Le haut de gamme en France est une histoire redondante. Episodiquement, dans le passé, les constructeurs que sont Renault, Citroën ou Peugeot ont tenté de hausser leur niveau de jeu, et à chaque fois, ce fut un échec. Renault Vel Satis et Avantime, Citroën C6, Renault Safrane Biturbo, Peugeot 607, toutes ces tentatives se sont soldées soit par des résultats commerciaux très décevants, soit par un cuisant retour à la réalité : faire du premium, cela prend du temps.


DS en est bien conscient. Les responsables de la marque n'ont d'ailleurs pas hésité à nous donner rendez-vous dans une trentaine d'années pour voir l'évolution d'un constructeur qui n'a été créé qu'en 2015. Et depuis, qu'avons-nous vu ? Pas assez de choses pour nous faire une idée. Ce DS 7 Crossback est en tout cas la toute première voiture "bespoke" (comme disent les anglophones, ou "sur mesure") de DS. La première création qui n'a donc pas grand-chose à voir avec une voiture actuelle du groupe PSA.

Même si nous l'avons déjà essayé et que nous le connaissons désormais assez bien, le DS 7 Crossback est toujours une petite surprise à chaque fois qu'on le croise. Le style volontairement à part et décalé tranche avec la tristesse relative du segment. Trop clivant ? "Non", nous répond DS, qui ne veut d'ailleurs pas refaire l'erreur de la DS 5. Il est vrai que les proportions sont ici bien plus raisonnables.



A l'intérieur, en tout cas, c'est le choc. L'acheteur moyen de la catégorie, qui a entre 55 et 60 ans, habitué aux BMW X3, Audi Q5 et autres SUV allemands doit prendre le temps de trouver ses repères. Mais finalement, cela se fait vite. Passée la surprise de la présentation du mobilier, l'ergonomie est bonne, mis à part quelques détails fâcheux : le bouton de commande du maintien dans la ligne est carrément sous le volant. Agaçant, d'autant plus que l'on s'en sert souvent (nous y reviendrons plus bas). Côté infotainment, là encore, les menus sont bien pensés et l'on trouve facilement le réglage ou la manipulation désirée. Dans notre version Performance Line, la planche de bord est quasiment entièrement recouverte d'Alcantara, tout comme la console centrale et quelques placages. Seuls les plastiques en position très basse sont moins flatteurs, tout comme ce bloc un peu grossier derrière le volant intégrant une caméra. Une caméra qui lit votre visage pour détecter votre état de fatigue. Cela aurait mérité une mise en place plus élégante.

Toujours au chapitre de la technologie, le DS 7 Crossback dispose de la conduite semi-autonome (maintien dans la voie ajouté au régulateur adaptatif), de la vision nocturne (retranscrite dans le combiné d'instrumentation), et d'une suspension prédictive qui se base sur les données des caméras à l'avant. En clair, l'amortissement est piloté en fonction de ce qui est "lu" sur la route (déformations, nids de poules...). Un plus pour le confort, mais cela ne se fera que de jour : en effet, les caméras ne peuvent pas lire la route la nuit.



L'une des forces de ce DS 7 Crossback est son habitabilité. Mesurant 1,89 m, je n'ai eu aucun mal à me placer derrière le siège conducteur, réglé pour mes jambes. La garde au toit comme aux genoux est excellente, et la cinquième place centrale n'est pas qu'un renfort d'appoint, contrairement aux concurrents qui souffrent du passage du tunnel de transmission. Signalons également la possibilité d'incliner les deux sièges arrière grâce à une gâchette électrique intégrée dans la portière aux côtés de la commande de fenêtre. Deux bons points, donc, auxquels il faut ajouter le volume de coffre de 555 litres. C'est 5 litres de mieux qu'un Audi Q5, qui est pourtant 9 cm plus long que le français.

Notre version du jour était équipée du fameux quatre cylindres 1.6 turbo de 225 ch, associé à la boîte automatique à huit rapports, fournie par le japonais Aisin. Sur le papier, ce DS 7 Crossback est déjà une réussite dans un domaine : le poids. Le modèle que nous avons eu entre les mains affichait 1420 kg sur la balance. Soit autant qu'une Série 2 coupé chez BMW ! Un bel exemple de ce qu'est capable de faire le groupe PSA en matière d'allègement avec ses plateformes.

Et heureusement qu'il est aussi léger, aurions-nous envie de dire, tant la mécanique nécessite d'aller chercher les hauts régimes pour obtenir la puissance désirée. La boîte répond d'ailleurs plutôt bien dans cet exercice, mais il est franchement agaçant, parfois, d'entendre ce petit quatre cylindres hurler dans les séances de dépassement. Dans un véhicule aussi imposant et statutaire, c'est toujours un peu curieux d'avoir l'impression que le capot abrite une moulinette sur les fortes charges. L'un ne va pas avec l'autre, et c'est là où le DS 7 Crossback accuse (pour l'instant) le coup face à la concurrence.

Evidemment, DS se défend en comparant le DS 7 Crossback non pas à l'Audi Q5 (qui possède de plus gros moteurs que le DS 7) mais... au Q3. Ce dernier mesure tout de même 18 cm de moins que le français, mais les équipes de DS ont réponse à tout : le prochain Q3 (qui va arriver très prochainement) sera bien plus grand. Ce sera donc l'occasion de refaire un comparatif. Il est vrai, en tout cas, qu'en termes de tarifs, le DS 7 se rapproche plus du Q3 que du Q5...

En conduite apaisée et très souple, l'ensemble mécanique moteur et boîte offre un meilleur visage et se montre silencieux et très doux. La petite déception vient toutefois des sièges de cette version Performance Line, qui ne maintiennent pas assez au niveau des renforts latéraux.

Le DS 7 Crossback offre plusieurs modes de conduite : eco, normal, confort et sport. Si le sport est assez caricatural (les rapports sont maintenus trop longtemps par la boîte), le mode confort est lui aussi un peu exagéré en ce qui concerne l'amortissement, bien trop souple. Nous avons préféré le mode "normal" durant notre essai, qui est un bon compromis. Et puisque nous sommes dans le domaine de l'électronique, comment ne pas pester contre le choix, assez curieux, d'avoir imposé le maintien dans la ligne, qui est parfois une vraie plaie sur certaines routes. Concrètement, cette aide à la conduite est automatiquement active dès que vous démarrez l'auto. Pour le désactiver, il faut rester appuyé plusieurs secondes sur une commande franchement inaccessible, sur la planche de bord, presque derrière le volant. Coupez le moteur, allez acheter votre baguette, revenez et... recommencez l'opération. Frustrant.

La légèreté du DS 7 Crossback et le fait que le moteur n'incite pas à aller chercher sa quintessence font qu'au final, la consommation réelle est plutôt bonne, puisque nous avons mesuré environ 7,5 l/100 km sur nos deux jours. Ce qui est franchement bien pour un véhicule d'un tel gabarit, aussi haut et doté de jantes 19 pouces.

Le DS 7 Crossback est toujours compliqué à placer face à la concurrence. En termes de gabarit, il est entre les Audi Q3 et Q5 (mais bien plus proche de ce dernier), plus petit qu'un Mercedes GLC et bien plus court qu'un BMW X3. Nous aurions donc plutôt envie de le mettre face aux Audi Q3, Mercedes GLA et BMW X1. Dans ce cas de figure, ses tarifs sont très intéressants puisque notre version d'essai de 225 ch est affichée à partir de 42 600 €. L'équivalent chez BMW est le X1 xDrive25i M Sport BVA8, facturé 50 950 €. L'Audi Q3 2.0 TFSI 220 Quattro S Tronic est quant à lui affiché à 45 760 €, mais avec une vraie transmission intégrale. Chose qui n'arrivera qu'au second semestre 2019 sur le DS 7 Crossback, et non pas avec un arbre de transmission, mais avec un moteur électrique sur une variante hybride rechargeable qui sera vendue aux alentours des 65000 €. A ce prix-là, le DS 7 Crossback n'aura pas le droit à la moindre erreur…

Que l'on soit bien clair d'entrée de jeu : ce DS 7 Crossback est un excellent départ pour la jeune marque DS qui a tout à faire et tout à prouver. Mais DS a beau répéter qu'ils ne veulent pas "copier" les Allemands et faire, plutôt, leurs propres produits, nous avons toujours du mal à associer premium et SUV familial avec un quatre cylindres de 1600 centimètres cubes, aussi bon soit-il sur le papier.

En effet, ce moteur manque clairement de caractère et de noblesse ! Et les constructeurs auront beau faire ce qu'ils voudront, un petit moteur n'aura jamais l'allonge, la souplesse et la "force tranquille" d'un bloc plus gros, ne serait-ce qu'un deux litres (voire plus). Cela manque en tout cas cruellement sous le capot du DS 7 Crossback qui a pourtant les qualités dynamiques pour l'accueillir. Le DS 7 pourrait malgré tout se rattraper avec une variante hybride rechargeable de 300 ch. Mais pour cela, il faudra patienter jusqu'au second semestre 2019, et prévoir un chèque d'environ 65 000 €.

Source : 

https://www.caradisiac.com/essai-ds-7-crossback-puretech-225-aristocrate-mais-pas-noble-168469.htm

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