Essai Citroën ë-C5 Aircross Grande Autonomie : le SUV convaincant ?
- Jérémy
- 12 juin
- 7 min de lecture

Le Citroën C5 Aircross de deuxième génération, le grand SUV familial de la marque, est commercialisé avec une gamme électrifiée, de la plus petite hybride 145 aux versions 100% électriques. Si jusqu’à présent, seule la version dite "Autonomie Confort" était disponible avec 520 km d’autonomie, les commandes de la version Grande Autonomie ont été ouvertes il y a peu avec 680 km au menu. Alors, cette version électrique taillée pour les grands voyages tient-elle toutes ses promesses ? Élément de réponse.
Style : Un SUV aéro et mesuré
Style extérieur : Des lignes tendues mais non agressives
Le premier C5 Aircross (lancé en 2018) adoptait des lignes douces, à rebours du marché, présentant une autre vision des SUV qui ne devaient pas être agressifs à outrance pour avoir de la personnalité. Sur cette deuxième génération, Citroën a davantage joué sur les lignes tendues pour éviter le côté mou qu’on pouvait reprocher à la première génération.
Cependant, la marque n’a pas versé dans l’outrance de certains concurrents et, si la face avant est nettement plus expressive que la génération précédente, elle conserve des lignes simples qui ne versent pas dans l'exubérance de certains, Peugeot E-3008 ou Hyundai Tucson en tête par exemple. Ce qui n’empêche pas ce C5 Aircross d’avoir une belle personnalité. Mais le spectacle, le C5 Aircross le fait sur la partie arrière, notamment avec ses feux Light Wings qui participent à rendre cette deuxième génération du grand SUV aux chevrons très aérodynamique au service de l’autonomie.
Style intérieur : un habitacle clair et chaleureux
Sur cette version d’essai dotée de la finition haut de gamme Max, le C5 Aircross propose un habitacle clair, grâce à l’ambiance Hype Grey, en option à 1 180 €. Si l’ambiance de série se dote d’une teinte bleu peut-être plus premium ou moderne, je préfère nettement cette ambiance claire qui participe à faire de l’habitacle du C5 Aircross un espace chaleureux et lumineux, qui sied parfaitement à sa maxime : une sérénité totale dans un confort absolu.
Force est de constater que, grâce à son empattement allongé pour atteindre 2m78 — permis par la nouvelle plateforme STLA Medium du groupe Stellantis —, le nouveau C5 Aircross offre un habitacle généreux avec une très belle habitabilité arrière et un coffre de 651 litres, identique quelle que soit la motorisation. Cependant, on peut regretter que la marque n'ait pas pensé à proposer un rangement adapté sous le plancher pour les câbles de recharge qui “traînent” dans le coffre et réduisent sa capacité totale.
Au volant : Un SUV électrique convaincant
L’électrification du marché accélère en ce début d’année avec des ventes électriques qui s’approchent des 30% du marché. Cette accélération profite au C5 Aircross dont déjà 25% des ventes sont effectuées via la version Autonomie Confort, et l’arrivée prochaine de cette version Grande Autonomie de 680 km devrait lui permettre d’accroître cette performance, notamment auprès du B2B (flottes d'entreprises) dont l'électrification est massive et imposée par le législateur. Que donne cette version offrant 160 km de plus que la version Autonomie Confort ?
Un moteur à la puissance accrue mais invisible
Le nouveau C5 Aircross électrique dispose donc, sur cette version Grande Autonomie, d’un moteur électrique de 230 chevaux contre 210 pour celle dite Autonomie Confort. 20 chevaux d’écart donc, qui ne se ressentent pas du tout au volant. L’atout des moteurs électriques étant leur couple et leur puissance disponibles tout le temps, ces 20 chevaux ne font pas un écart incroyable et sont imperceptibles lorsque je conduis.
Toujours est-il qu’avec 230 chevaux, malgré son poids de 2 246 kg (soit une soixantaine de plus que la version Autonomie Confort), les performances du C5 Aircross sont plus que satisfaisantes. Elles permettent de s’insérer dans le trafic et de rouler aux vitesses réglementaires sans aucune difficulté, quelles que soient les conditions de la route ou l’état de charge du véhicule.
Notons cependant que le ë-C5 Aircross propose trois modes de conduite (Confort, Normal et Sport) et que la puissance maximale n’est disponible que sur le mode Sport, les autres modes devant se contenter d’une puissance moindre. J'ai noté également qu’il y a une vraie différence de sensations entre le mode Sport et le mode Normal, avec des accélérations bien plus puissantes, des reprises nettement plus vives et un dynamisme excellent qui fait plaisir à voir, même si ce C5 Aircross n’a aucune prétention sportive.
Une grande batterie pour une autonomie record
Le nouveau C5 Aircross, dans cette version Grande Autonomie, possède une batterie "made in France" à la capacité portée à 97 kWh contre 73 pour la version Autonomie Confort. Cette différence de capacité explique le gain de l’autonomie qui atteint donc 680 km pour en faire un des meilleurs SUV sur cette base ; à titre de comparaison, le Peugeot 3008 en revendique 701 en étant 15 cm plus petit tandis que le grand 5008 revendique 660 km.
Cette batterie est également fabriquée en France dans la coentreprise ACC sur le site de Billy-Berclau / Douvrin, ce qui permet à ce nouveau C5 Aircross de revendiquer une origine France puisque la batterie, le moteur électrique et son assemblage final sont situés dans l’hexagone.
Enfin, cette grande batterie utilise une chimie NMC (Nickel-Manganèse-Cobalt) qui contraint à ne pas la recharger au-delà de 80% trop souvent au quotidien, la recharge complète à 100% devant être réservée pour les grands départs en vacances.
Une consommation limitée permettant de longs relais
Ayant eu le C5 Aircross pendant 15 jours à l’essai, j’ai pu faire mes tests d’autonomie essentiellement sur l’autoroute, qui n’est pourtant pas le terrain de jeu préféré des voitures électriques. En effet, avec une telle autonomie, il n’a pas été nécessaire de faire des tests approfondis sur les autres types de route : avec une seule charge, vous pouvez aisément effectuer vos trajets du quotidien avec une recharge hebdomadaire seulement.
C’est donc sur l’autoroute que mes tests ont été faits et, sur un parcours de plus de 500 kilomètres, j'ai constaté une consommation moyenne de 18,5 kWh / 100 km en roulant aux vitesses réglementaires (130 km/h). Cela permet donc d’envisager des relais de près de 370 km réels en moyenne entre deux recharges, en couvrant la plage optimale de 70% de la batterie (charge minimale de 10% à maximale de 80%).
Cette consommation maîtrisée sur longue distance permet d’envisager le C5 Aircross électrique pour les longues routes, notamment estivales, en toute tranquillité. Il ne faudra que 2 voire 3 arrêts recharge pour traverser toute la France.
Une vitesse de recharge acceptable
On se focalise toujours sur l’autonomie des voitures électriques alors que le vrai point à surveiller est la recharge, et la capacité à obtenir une vraie puissance de recharge équivalente aux promesses du constructeur. Ici, Citroën promet une puissance de recharge de 160 kW en courant continu (DC) permettant une recharge en 30 minutes pour passer de 20 à 80% de batterie.
Pour ce faire, il faut veiller à activer, dans le menu Énergie de l’écran central, le préconditionnement thermique de la batterie au moins 30 minutes avant la recharge. Dans ces conditions, on peut aisément porter la puissance à de hauts niveaux, même si je n’ai jamais réussi à atteindre les 160 kW maximaux, stabilisant plutôt mes sessions autour de 140 kW. Notons cependant que Citroën, comme Stellantis, aurait eu la bonne idée d’adopter une architecture électrique à 800 Volts permettant de charger encore plus rapidement sa voiture, surtout quand la batterie est aussi grande que sur ce C5 Aircross.
Un SUV typiquement Citroën
Le nouveau C5 Aircross est le nouveau porte-drapeau de la marque depuis l’arrêt de la berline C5 X. À ce titre, il se doit de porter le confort qu’on attend d’une Citroën à un niveau élevé et, force est de constater qu’il le fait de fort belle manière.
Malgré un poids plus conséquent inhérent à cette version électrique, le C5 Aircross parvient à proposer un niveau de confort incroyable, offrant une grande douceur au quotidien et parvenant à lisser la route pour rendre les imperfections quasiment imperceptibles. Attention toutefois : j'ai ressenti les grosses irrégularités (saignées, raccords) notamment sur le train arrière avec quelques remontées, et le confort global n'offre pas tout à fait le côté totalement "ouaté" que peut offrir la version hybride rechargeable par exemple. Le poids en est la raison principale, mais on perd légèrement, sur cette version électrique, le côté tapis volant absolu des autres motorisations thermiques ou hybrides.
Si on perd très légèrement en moelleux, il faut noter les progrès réalisés en matière de dynamisme comparé à l'ancienne génération. Le premier C5 Aircross était très confortable mais assez pataud dans son comportement. Il faut reconnaître le travail des équipes de la marque qui ont réussi à proposer une deuxième génération tout aussi confortable mais avec un surcroît de dynamisme bienvenu. Cela ne transforme pas le SUV Citroën en sportif — ce n’est pas sa vocation — mais cela me donne davantage de plaisir au volant, même si le roulis reste encore perceptible en virage.
Conclusion : une réussite
Le nouveau Citroën C5 Aircross est déjà une réussite et un vrai succès pour la marque, en témoigne sa troisième place des ventes de son segment depuis le début de l’année. Ses différentes versions sont toutes très réussies et cette version Grande Autonomie qui coiffe la gamme se montre particulièrement aboutie.
Avec une autonomie totale de 680 km WLTP, et des arrêts à planifier environ tous les 370 km sur autoroute, ce ë-C5 Aircross est assurément un SUV électrique convaincant qui permet d’envisager le passage à l’électrique sans aucune crainte. Hyper confortable, hyper spacieux, doté d’une vraie personnalité sans exubérance, cette nouvelle génération coche toutes les bonnes cases.
Elle a le bon ton, en plus, de proposer des tarifs plus accessibles que la concurrence avec un prix, pour notre version d’essai en finition Max, de 50 990 €, soit un peu plus de 4 000 € moins cher qu’un Peugeot E-3008 équivalent. Un choix hautement rationnel.










