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Avec HVO Aurora, Stellantis mise sur le diesel HVO pour décarboner les flottes

Le Citroën Berlingo du projet HVO Aurora

Alors que les débats s'intensifient à Bruxelles sur l'avenir de l'automobile, l'Europe semble explorer des voies alternatives au "tout électrique" d'ici 2035. L'idée d'une neutralité technologique, incluant les carburants de synthèse et renouvelables, gagne du terrain. C'est dans ce contexte stratégique que Stellantis, via sa division Pro One dédiée aux professionnels, présente une initiative concrète et immédiatement applicable : le projet HVO Aurora. Ce programme vise à permettre aux flottes d'entreprises d'utiliser massivement le diesel HVO, un carburant renouvelable, tout en certifiant la baisse réelle de leurs émissions de CO₂. Une réponse pragmatique aux défis de la décarbonation.

Qu'est-ce que le projet HVO Aurora de Stellantis ?

Le projet HVO Aurora, né du programme d'intrapreneuriat Star*Up de Stellantis qui encourage l'innovation portée par les employés, est une solution conçue pour lever l'un des principaux freins à l'adoption des carburants alternatifs : la traçabilité. Son objectif principal est de fournir aux gestionnaires de flottes un système capable de contrôler, certifier et documenter l'utilisation en conditions réelles du carburant HVO.

Concrètement, HVO Aurora met en place un écosystème de suivi simple et fiable. Il enregistre des données cruciales telles que le type de carburant utilisé (via un capteur), la distance parcourue par le véhicule et sa consommation. Ces informations sont ensuite transférées et sécurisées dans le cloud. Pour une entreprise, cela se traduit par une preuve transparente et en temps réel de son engagement écologique. Elle peut ainsi documenter précisément les volumes de carburant bas carbone utilisés et, surtout, les bénéfices environnementaux qui en découlent.

Luca Marengo, responsable du produit et de l'innovation pour Stellantis Pro One, résume parfaitement l'ambition du projet : « HVO Aurora démontre qu’il est possible de réduire dès à présent les émissions du puits à la roue grâce à des solutions compatibles avec les véhicules que nos clients utilisent déjà. Chez Stellantis Pro One, nous restons déterminés à proposer dès maintenant des solutions concrètes et évolutives pour aider les entreprises à réduire leurs émissions sur l’ensemble du cycle. Ce projet représente une avancée concrète vers un avenir de la mobilité plus respectueux de l’environnement en Europe. »


Le HVO, ou diesel renouvelable : une solution concrète

Mais qu'est-ce que le carburant HVO exactement ? L'acronyme signifie "Hydrotreated Vegetable Oil", ou Huile Végétale Hydrotraitée en français. Il s'agit d'un biocarburant de deuxième génération, souvent qualifié de diesel renouvelable ou de synthèse. Contrairement aux biocarburants de première génération qui pouvaient entrer en compétition avec les cultures alimentaires, le HVO est produit majoritairement à partir de déchets.

Il est fabriqué grâce à un processus d'hydrotraitement (réaction avec de l'hydrogène à haute température) de résidus et de déchets, tels que les huiles de cuisson usagées, les graisses animales ou certaines huiles végétales non alimentaires. Le résultat est un carburant "drop-in", c'est-à-dire qu'il possède une structure chimique très similaire à celle du diesel fossile et peut être utilisé pur (HVO100) ou mélangé sans aucune modification mécanique des moteurs compatibles. Son principal avantage est une réduction drastique des émissions de CO₂ sur l'ensemble du cycle de vie ("du puits à la roue"), pouvant atteindre jusqu'à 90 % par rapport au diesel traditionnel.


Une tournée européenne pour prouver la faisabilité en conditions réelles

Pour transformer cette promesse technologique en réalité de terrain, Stellantis ne se contente pas d'une annonce. Le groupe a lancé une tournée européenne d'un mois en collaboration avec SP3H, une entreprise française spécialisée dans la conception de capteurs intelligents dédiés aux carburants bas carbone.

Deux utilitaires emblématiques du groupe, dont un Citroën Berlingo et un Fiat Professional Ducato, ont pris la route. Ces véhicules sont équipés du capteur connecté "FluidBox Micro" développé par SP3H. Leur mission est double : collecter des données d'utilisation dans des conditions réelles de conduite à travers différents pays, et surtout, démontrer la fiabilité du système de traçabilité.

Pendant que le Berlingo et le Ducato accumuleront les kilomètres, la plateforme FluidBOX de SP3H transmettra en continu les données, confirmant le type de carburant utilisé (s'assurant qu'il s'agit bien de HVO) et calculant les économies de CO₂ estimées. Cette tournée est cruciale : elle prouve aux entreprises qu'une mobilité durable et mesurable est possible dès aujourd'hui, sans attendre une refonte totale des flottes ou des infrastructures de recharge. C'est la démonstration qu'une autre voie, complémentaire à l'électrique, existe pour la décarbonation.


La compatibilité HVO : un atout stratégique majeur pour Stellantis Pro One

L'impact de ce projet est décuplé par un fait majeur : le parc roulant de Stellantis est déjà largement préparé. Le groupe confirme que tous les véhicules particuliers et utilitaires légers neufs de ses marques, y compris Citroën, équipés de motorisations diesel, sont d'ores et déjà entièrement compatibles avec le carburant HVO (respectant la norme carburant EN15940).

Plus encore, de très nombreux véhicules diesel Euro 5 et Euro 6 déjà en circulation peuvent également utiliser ce carburant renouvelable sans nécessiter la moindre modification technique. Pour les clients professionnels de Stellantis Pro One, c'est un avantage concurrentiel indéniable. Un artisan possédant un Citroën Jumper ou un gestionnaire de flotte de Berlingo peut, du jour au lendemain, décider de réduire massivement son empreinte carbone simplement en changeant de pompe, à condition que le HVO y soit distribué.

Cet atout devient hautement stratégique si la Commission Européenne venait à confirmer son ouverture vers la neutralité technologique. Stellantis se positionnerait alors comme le constructeur offrant le choix le plus large : des véhicules électriques performants (comme le ë-Berlingo) pour les usages adaptés, et des véhicules thermiques capables d'une quasi-neutralité carbone grâce au HVO pour les usages plus intensifs ou les zones moins équipées en bornes de recharge.

Une solution pragmatique pour les entreprises et pour Stellantis

En conclusion, le lancement du projet HVO Aurora est une excellente nouvelle à double titre. Pour Stellantis, il s'agit d'une manœuvre agile qui place le groupe en position de force face à la concurrence, en démontrant une approche multi-énergies pragmatique. Le groupe ne met pas tous ses œufs dans le même panier électrique et propose une solution crédible pour les millions de véhicules thermiques qui composeront encore le parc pendant de nombreuses années.

Pour les entreprises, c'est une bouffée d'oxygène. Face à la pression croissante de la décarbonation, aux ZFE (Zones à Faibles Émissions) et aux impératifs de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), HVO Aurora offre une alternative. Il permet de décarboner les flottes existantes sans l'investissement massif ni les contraintes opérationnelles que représente encore le passage au tout électrique, qui peut légitimement freiner certaines activités. C'est une transition plus douce, mais tout aussi efficace sur le plan des émissions.

5 commentaires

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Chevrons Blues
Chevrons Blues
16 nov. 2025

Pour le climat, c'est haro sur le CO2, mais pour la santé ce devrait être haro sur les particules.

Particules produites par les moteurs, mais aussi les pneus. Certains écolos commencent à grimper là-dessus ! Et ça touche aussi et peut-être beaucoup les VE, car beaucoup plus lourds…

Sinon bien de l'avis de Christian…

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Gilles Raymond
Gilles Raymond
16 nov. 2025

vivement le retour du diesel en berlingo en 5 places

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Christian Brochard
16 nov. 2025
Noté 1 étoile sur 5.

Ne crois-tu pas, Jérémy, quitte à utiliser du biocarburant, que Stellantis pourrait déjà proposer en Europe, pour toute sa gamme, passée et à venir, de rendre compatible ses moteurs au carburant E85 ?

Concernant le HVO, l'hydrogénation est une technologie fortement consommatrice d'hydrogène, ce qui se traduit par un prix à la pompe supérieur de 20 centimes par litre de carburant, et par l'imposition aux divers distributeurs de proposer une pompe supplémentaire pour distribuer ce nouveau carburant, alors que L'E85 est déjà distribué sur environ 35% des stations-service en France.

Pour Stellantis, c'est un plus sur le papier, comme les véhicules à hydrogène, mais sur le terrain, je ne vois pas cela comme une solution économiquement viable, alors que des…

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Philippe Rabache
Philippe Rabache
16 nov. 2025

Le diesel n'est pas un carburant mais un type de moteur conçu par Rodolphe Diesel dont le carburant est le gaz oil ! Merci d'employer les bons termes.

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Patrick b
16 nov. 2025
Noté 4 étoiles sur 5.

Mais le problème avec le diesel ce n'est pas le CO2, ça en produit moins que l'essence. Le problème c'est les particules.

Alors de synthèse ou pas ça reste du diesel sale et polluant.

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À propos de l’auteur
✍️ Je m’appelle Jérémy K., fondateur du site Passionnément Citroën.
Passionné d’automobile depuis toujours et de Citroën en particulier, je partage chaque jour l’actualité de la marque à travers des articles, essais, analyses et dossiers.
J’ai également créé le magazine Être Citroëniste et la chaîne YouTube Passionnément Citroën, pour faire vivre et transmettre cette passion sous toutes ses formes.
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