[Les innovations Citroën] Citroën DS : Le secret des phares directionnels de 1967

Citroën DS : L'innovation lumineuse des phares tournants qui a changé la route
Poursuite de la série consacrée aux innovations légendaires de la marque aux chevrons. Aujourd'hui, nous portons notre regard sur une avancée technologique qui, douze ans après la présentation initiale de la Citroën DS au Grand Palais, a permis au modèle de creuser à nouveau l'écart avec la concurrence. En 1967, alors que l'industrie automobile se contentait d'un éclairage statique, Citroën introduisait les projecteurs directionnels, offrant à la DS la capacité inédite d'éclairer là où ses rivales restaient plongées dans l'obscurité.
1967 : Le restylage qui a donné un regard au mythe
En septembre 1967, la Citroën DS connaît sa plus importante évolution esthétique depuis son lancement en 1955. Sous le crayon de Robert Opron, la face avant est intégralement redessinée. Les ailes, le capot, les pare-chocs et le carénage inférieur sont modifiés pour intégrer un nouveau bloc optique caréné de quatre phares sous une vitre profilée. Ce changement visuel confère à la voiture un aspect plus moderne, plus épuré et plus dynamique.
Toutefois, la marque ne s'est pas limitée à une simple mise à jour cosmétique. Avec ce restylage, Citroën introduit un système de phares directionnels, monté en série sur les finitions Pallas et proposé en option sur les autres modèles ID et DS. Cette innovation n'était pas un gadget, mais une réponse concrète aux enjeux de sécurité routière. En permettant aux faisceaux lumineux de suivre la trajectoire des roues, Citroën offrait aux conducteurs une visibilité optimale en virage, renforçant ainsi son statut de constructeur visionnaire et le caractère mythique de la DS.

L'ingénierie du "regard" : Comment fonctionne le système ?
Le système de phares tournants de la DS est un exemple fascinant de la philosophie Citroën : une solution mécanique d'une efficacité redoutable. Contrairement aux systèmes électroniques complexes et coûteux développés à l'époque par certains équipementiers comme Cibié, l'ingénieur Paul Magès a opté pour une approche basée sur des câbles et des tringleries.
Le dispositif repose sur les mouvements latéraux de la barre de direction. Un système de renvoi par leviers et tiges, doté de ressorts de rappel, transmet l'angle de braquage aux deux projecteurs intérieurs (ceux de 162 mm à lampes à iode). La particularité réside dans l'asymétrie du mouvement : le phare situé à l'intérieur du virage pivote davantage que le phare extérieur. Lorsque les roues sont braquées à fond, le phare intérieur peut atteindre un angle de 80°.
Cette conception permet d'anticiper la trajectoire. Grâce à la suppression du délai de réponse dû à l'élasticité des pneumatiques, les phares éclairent l'intérieur de la courbe avant même que le véhicule ne commence à tourner. En position "route", les quatre phares fonctionnent de concert, garantissant un balisage parfait du paysage et éliminant le phénomène d'angoisse lié au "trou noir" en sortie de virage. Le gain en sécurité préventive est estimé à l'époque entre 20 et 30 % par rapport à un éclairage traditionnel.
La DS : Une longueur d'avance confirmée sur la concurrence
Avec l'introduction de cette innovation lors de son restylage, la DS a renforcé son image de laboratoire technologique roulant. Dès sa sortie en 1955, elle avait déjà bouleversé les codes avec sa suspension hydropneumatique, son freinage haute pression et sa direction assistée. En 1965, elle recevait déjà des phares "dynamiques" capables de s'ajuster verticalement pour compenser les variations d'assiette du véhicule.
L'ajout des phares tournants en 1967 a permis à Citroën de maintenir une avance technologique spectaculaire sur ses concurrents. Alors que les autres constructeurs peinaient à offrir un éclairage satisfaisant en ligne droite, la DS "voyait dans les coins". Cette capacité à anticiper le danger et à offrir un confort de conduite nocturne inégalé a transformé les conditions de circulation. Comme le soulignaient les observateurs de l'époque, la DS semblait "vivante", ses yeux suivant la route pour servir son conducteur.
Conclusion : Un héritage de design et de fonction
En conclusion, Citroën a prouvé avec le restylage de la DS son immense talent pour marier le design et la fonctionnalité. En retouchant avec brio un modèle déjà légendaire pour y intégrer les phares tournants, la marque a su prolonger la carrière de la DS tout en affirmant sa supériorité technologique. Douze ans après sa naissance, la DS réussissait l'exploit de distancer une nouvelle fois ses concurrentes. En refusant de faire "comme les autres", Citroën a gravé durablement l'innovation des phares directionnels dans l'histoire de l'automobile mondiale.







N'oublions pas que la C6 avait aussi des phares directionnels, alors que la C5 X les a tout simplement oubliés. Lorsqu'on y est habitué, ce ne sont pas les feux de brouillard qui s'allument dans les virages qui suppriment le trou noir. C'est vraiment dommage... comme tout le reste, l'identité Citroën 2026 s'arrête au logo, oui au logo de 1932, la différentiation majeur entre une Opel et une Fiat.
Le focus sur ces fameux phares "tournants" obère le restylage de l'année 1967, sans doute le plus réussi de l'histoire automobile. Hélas, le 24 avril 1975, la dernière DS à sortir de la ligne de montage, une 23 injection électronique marque l'a fermeture de l'usine historique de la marque située quai de Javel dans le 15ème arrondissement de PARIS. Et n'oublions pas, l'intérêt du Break ID, car à la fin des années 1950, un grand break pratique, sécuritaire, confortable , basé sur une automobile avant-gardiste.... Et bien en Europe, ça n'existait tout simplement pas.! Mais Citroën l'a fait!
Système effectivement tres ingénieux que l’on a retrouvé sur la SM
A noter que c’était pour l’éclairage de plein phares
la C5 II a eu un éclairage d’angle qui fonctionnait en code et qui etait assez performant comparé au antibrouillards qui n’ont aucune efficacité le phare de la C5 avait une ampoule spécifique sur l’extérieur du phare et dans les ronds points c’était tres efficace.
Sacrée prouesse technologique ! La DS ne se résume pas à la suspension hydropneumatique, elle a beaucoup de petits plus technologiques !