[Interview] Xavier Chardon se confie : quel avenir pour Citroën dans le plan Stellantis 2030 ?
- Jérémy

- 2 juil.
- 6 min de lecture

En poste depuis un peu plus d’un an à la direction générale de la marque aux chevrons, Xavier Chardon a accordé un entretien exclusif à la rédaction de Passionnément Citroën. Dans un paysage automobile en pleine mutation, marqué par l'accélération de l'électrification et l'arrivée de nouveaux concurrents mondiaux, le dirigeant revient en détail sur l'intégration de la marque au sein du plan stratégique FaSTLAne 2030 de Stellantis. Entre la nécessité de redynamiser la rentabilité du réseau, de consolider la croissance commerciale et de relever les défis du moyen terme, cet échange met en lumière les ambitions renouvelées de Citroën, portées notamment par l'annonce spectaculaire du retour de la mythique 2CV. Découvrez l'intégralité de notre interview.
Pour vous, que représente Citroën ?
Xavier Chardon : Si l'on fait appel à l'humain, j'ai des souvenirs très forts. J’ai commencé ma carrière
chez Citroën en 1994, il y a maintenant 31 ans. Avant même d'y travailler, j'avais des souvenirs de
famille où il y avait généralement une Citroën dont une 2CV pour ma mère. J'ai eu la chance de
commencer en Italie, et c'est là que j'ai découvert plus en détail l'histoire de la marque et ce qui l'a
façonnée. Les produits m'ont bien sûr marqué, mais au-delà de ça, c'est l'aspect humain qui prime. La
figure d'André Citroën m'a beaucoup marqué, tout comme les rencontres que j'ai pu y faire.
Aujourd'hui, c'est devenu un cliché de parler de résilience, mais c'est précisément ce qui caractérise la
marque Citroën et ce qui fait sa différence par rapport à d'autres : cette capacité à savoir fédérer les
équipes, à mettre en place des règles issues du cerveau, de l'intuition, de l'humain, mais aussi du cœur.
C'est une culture de combat, de réaction, avec un profond sens du client, animée par une énergie
franchement unique. Je suis revenu à la tête de la marque depuis un an, et je trouve que ces éléments
sont restés totalement intacts. C'est une marque de passion, populaire et de proximité, dans le bon sens du terme. Chez Citroën, tout est guidé par la passion, ce qui exacerbe et amplifie tout.
Durant votre première année à la tête de Citroën, quelles ont été vos priorités ?
Xavier Chardon : Piloter la marque depuis un an est une chance immense, mais c'est aussi une
responsabilité forte pour la relancer. Revenir là où j'ai commencé en 94 pour en prendre la direction est
un honneur. Cette responsabilité est encore plus grande au moment où nous nous apprêtons à relancer
un modèle mythique comme la 2CV. C'est un très gros défi !
Quelle est votre vision pour Citroën à court terme (1 à 2 ans) et à moyen terme (5 ans) ? Vous
héritez finalement d'une gamme qui n'est pas entièrement la vôtre, à l'exception notable de cette
future 2CV.
Xavier Chardon : À court terme, la vision est principalement axée sur l'exécution. L'objectif est de
relancer la marque, de se reconnecter avec ses clients, avec son réseau, avec la presse car la marque a
été malmenée par le passé. Il s'agit donc de relancer une vraie dynamique. Nous avons une gamme qui
se renouvelle, il faut amplifier ce mouvement, mais cela ne passe pas uniquement par les produits. Il y a
aussi une logique de marque globale qui doit nous permettre de mettre en adéquation notre image avec ce que nous souhaitons faire de Citroën.
La dynamique commerciale est déjà enclenchée : nous en sommes à 9 mois de croissance consécutifs,
même si nous sommes encore loin d'avoir montré tout le potentiel de la marque. À court terme, les
priorités sont claires : avoir un réseau qui retrouve sa rentabilité et la stabilité qu'on lui doit, avoir des
clients satisfaits qui deviennent de vrais ambassadeurs, et motiver nos équipes en interne pour qu'elles
soutiennent la marque et en deviennent de fiers porte-paroles. Il faut que l'on retrouve de la fierté chez
Citroën.
Et à moyen terme, dans 5 ans, quand une grande partie de la gamme aura été renouvelée, à quoi
aimeriez-vous que ressemble Citroën ?
Xavier Chardon : Dans 5 ans, nous allons faire face à une offensive chinoise sans précédent sur le
marché, combinée au défi majeur de l'électrification. Dans ce contexte, ma vision est que notre situation
soit solide, avec des clients pleinement satisfaits et ambassadeurs de la marque. Je veux que la
légitimité historique de Citroën soit un atout fort, à la fois vis-à-vis de nos clients et au sein même du
groupe Stellantis dont nous faisons partie. Cela doit nous permettre de réussir des choses que nous
n'avons jamais été capables de faire auparavant, tout en restant au plus proche de nos clients.
Citroën opère aujourd'hui aux côtés de 14 autres marques. Le groupe a présenté son plan
FaSTLAne 2030. Quels sont les avantages et les inconvénients de ce plan pour Citroën, et quelles
conclusions en tirez-vous ?
Xavier Chardon : L'avantage principal, c'est que notre rôle a été clarifié : celui d'une marque accessible,
populaire, recentrée sur des marchés sur lesquels nous avons toutes les chances de réussir. Le
deuxième point fort, c'est que nous allons pouvoir accélérer notre développement en profitant pleinement des synergies avec les marques mondiales du groupe. Cela s'inscrit dans la continuité de nos orientations stratégiques actuelles.
Faire partie de Stellantis nous offre des synergies indispensables. C'est exactement le modèle que j'ai
connu chez Volkswagen : Peugeot a lancé et apporté les volumes nécessaires avec le 3008, ce qui nous permet ensuite de lancer un C5 Aircross bien équipé et à un prix compétitif.
L'autre élément absolument majeur de ce plan — et c'est une excellente nouvelle — c'est le retour de la
2CV. Ce qui me plaît beaucoup, même si nous sommes avant tout motivés par nos clients plutôt que par
de simples chiffres, c'est que la couverture du marché par Citroën va considérablement s'élargir. Elle va
passer de 35 % à 50 % du marché total, ce qui est énorme, notamment grâce à l'arrivée de deux
segments supplémentaires et d'autres nouveautés tout aussi importantes à venir.
Le retour de la 2CV est un vrai défi tant elle est devenue mythique. Ce n'est pas comme certains
projets concurrents où tout repose principalement sur le style. La deudeuche, c'est bien plus que
ça, c'est un art de vivre. Arriver à transposer cela sur une voiture moderne est un challenge ?
Xavier Chardon : Je suis complètement d'accord avec vous. Quand elle est apparue au grand public, la
2CV s'est imposée différemment : c'est le fait qu'elle réponde parfaitement à des usages concrets qui l'a
rendue iconique. C'est un véritable monument de la culture française.
Nous avons énormément travaillé sur ce projet. J'ai passé beaucoup de temps à analyser et comprendre
les motivations profondes qu'il y avait derrière la 2CV originale. Faire du simple rétro-design n'est
absolument pas un gage de réussite, il y a autant d'échecs que de succès dans ce domaine. La future
2CV n'était pas du tout prévue au programme initial à mon arrivée. Mes équipes et moi nous sommes
battus pour présenter un positionnement cohérent et un business model ultra-solide. Le projet a
finalement reçu le feu vert d'Antonio Filosa et de John Elkann. Depuis mon entrée dans le groupe en
1994, je n'avais jamais vu un grand patron valider un tel projet, ce qui balaie définitivement les rumeurs
de relégation et me motive profondément.
À l'époque, la 2CV a participé à la démocratisation de la mobilité individuelle après la Seconde Guerre
mondiale. L'objectif que nous nous fixons aujourd'hui avec cette nouvelle version, c'est de démocratiser
le passage à l'électrique. C'est un magnifique défi à relever avec la 2CV.
Dans le plan FaSTLAne 2030, Citroën est qualifiée de "marque régionale". Pouvez-vous nous
décrire précisément ce concept ? Citroën restera-t-elle présente en Inde, en Amérique Latine et
en Afrique-Moyen Orient ?
Xavier Chardon : Ce qu'il faut comprendre, ce sont les réalités de marché et d'ancrage de chaque
marque. Les faits sont simples : Fiat et Peugeot affichent des volumes mondiaux plus importants, Fiat étant par exemple leader en Amérique du Sud, en Turquie ou en Algérie. Ces volumes supérieurs leur permettent d'amortir les technologies avant d'en faire bénéficier Citroën. Cela ne signifie pas que nous abandonnons l'international, bien au contraire : nos opérations et nos ambitions se poursuivent normalement en Inde, en Asie et en Amérique Latine.
Ces dernières années, le discours de Stellantis consistait plutôt à réduire le nombre de modèles,
les personnalisations, les couleurs et les équipements. Pourtant, on sent que cela change un
peu. Vous parliez d'élargir la couverture du marché, il y a la 2CV, et vous avez présenté le concept
ELO en décembre dernier qui marque le retour des monospaces. Peut-on imaginer une gamme
plus vaste pour Citroën à l'avenir avec plus d’équipements, d’options, de personnalisation ?
Xavier Chardon : Alors oui, tout à fait. Je vous le confirme.






Du boulot et se mettre au travail, il y en a après l'air Tavares. Attention à ne pas nous enfumer, il y a bien longtemps que la marque aurait du se mobiliser avec une nouvelle 2cv et ses souvenirs de jeunesse avec ce véhicule tout le monde en a... Les résultats actuels de part de marché sont sans équivoque, tout comme l'appréciation des Français. 9e marque automobile la plus appréciée loin devant Toyota... il n' y a pas de quoi pavoiser.
Interview qui ne rassure pas. Son dirigeant parle toujours de la marque comme essentielle. Au moins, on n’a pas le sempiternel « c’est son ADN ». Rien sur des modèles des segments D (familiale) ou E (routière). Citroën n’est plus technologique puisque ce sont les marques principales qui inaugureront les nouveautés. J’ai peur que la future 2CV rappelle le bide E-Méhari en n’étant qu’un réhabillage de Leapmotor. Aucun mot sur la réintégration de DS comme une ligne Citroën. Difficile d’être une marque français dans un groupe ITALIEN
Merci bcp de cette itw.
Sur le fond les réponses sont lamentables :
1) le 1er paragraphe est du bullshit total. Entre les lignes il dit que des éléments sans grand intérêt (c du verbiage) sont restés intacts ce qui soue entend que les éléments importants (culture de l'inovvation, design sexy, montée en gamme, ...) sont très très gravement endommagés. Il refait le coup de populaire : comprendre low cost et sans grandes ambitions
2) 2ème question : comme le dit Patrick Berton, le DG de Citroën est devenu un personnage qui décide de presque rien
3) axée sur l'exécution !!!! exécution de la marque. curieux vocabulaire et ces mots ne sont pas choisis au hasard ! Même si apr…
Merci pour cet interview, mais il y a belle lurette que, Citroën n a plus la main …et le directeur le sait
La direction de Stellantis est. América/Italien…et Citroën est considérée comme une sous marque…
DS est fabriquée en Italie, l usine de Rennes sera doucement vendue au Chinois de Leamotor, …..comme l usine de Madrid…..le loup est rentré ds la Bergerie…Depuis le départ de Mr Tavares.
Les têtes tombent….pour laisser un grand boulevard à la direction Italo/Americo .
Triste constat.
" ce qui caractérise la marque Citroën et ce qui fait sa différence par rapport à d'autres : cette capacité à savoir fédérer les équipes, à mettre en place des règles issues du cerveau, de l'intuition, de l'humain, mais aussi du cœur. "
" L'objectif est de relancer la marque, de se reconnecter avec ses clients, avec son réseau, avec la presse car la marque a été malmenée par le passé. "
" avoir un réseau qui retrouve sa rentabilité et la stabilité qu'on lui doit, avoir des clients satisfaits "
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