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Fin pour la Citroën C5 X : Stellantis enterre la dernière grande Citroën

Citroën C5 X

Citroën C5 X : Le clap de fin prématuré d'un vaisseau amiral incompris en Europe

Le paysage de la marque aux chevrons vit une période de transition sans précédent. En l'espace de seulement vingt-quatre mois, Citroën a opéré un renouvellement quasi intégral de son catalogue, une prouesse industrielle visant à simplifier et moderniser une offre qui en avait grand besoin. De la petite révolution électrique que représente la C3 au robuste Jumper, en passant par le C5 Aircross, chaque segment a bénéficié d'une cure de jouvence technologique et stylistique. Cette dynamique, portée par une volonté de conquête et d'accessibilité, contraste pourtant violemment avec une ombre au tableau : le départ discret, presque clandestin, de la Citroën C5 X. Alors que le reste de la famille célèbre sa renaissance, la grande berline routière s’apprête à quitter la scène européenne par la petite porte, laissant derrière elle un sentiment d'inachevé et une pointe d'amertume pour les fidèles de la marque.

2021 : un concept brillant né sous une mauvaise étoile

Lancée en 2021 pour combler le vide laissé par l'ancienne C5, la C5 X n'a pas manqué d'audace. Sur un segment D moribond, coincé entre des SUV uniformes et des berlines allemandes conservatrices, Citroën avait osé le mélange des genres. Berline, break, SUV : la C5 X était une synthèse intelligente, une silhouette atypique qui refusait les cases.

Sur le plan dynamique, elle a immédiatement remis les pendules à l'heure. Grâce au programme Citroën Advanced Comfort et ses butées hydrauliques, elle offrait un confort que la concurrence, même premium, peinait à égaler. En version hybride rechargeable, elle redevenait ce "tapis volant" légendaire, une invitation au voyage au long cours. Mais dès sa naissance, le ver était dans le fruit. En imposant une fabrication en Chine pour un modèle destiné à l'Europe, Stellantis a immédiatement saboté l'image de "fleuron français" de sa grande routière. On ne revient pas sur le devant de la scène avec un produit qui semble fuir ses propres bases industrielles.


Un arrêt brutal pour des économies de "bout de chandelle"

La sentence est tombée le 1er avril 2026 : rideau. La C5 X n'est plus configurable en Europe. Les clients n'ont plus que leurs yeux pour pleurer sur des stocks résiduels faméliques. Le motif invoqué par Stellantis ? Le coût de mise aux normes GSR2, jugé trop élevé par rapport aux volumes de vente. Une explication qui ressemble à une mauvaise excuse comptable quand on sait que la voiture continue sa carrière en Chine jusqu'en 2028.

Le paradoxe est d'ailleurs cinglant. En Chine, là où Stellantis peine à exister, la C5 X porte le groupe à bout de bras. Elle y réalise des performances solides, devançant l'ensemble de la gamme Peugeot au premier trimestre 2026. La voiture est donc intrinsèquement bonne. Le problème n'est pas le produit, mais la volonté politique de le maintenir en vie en Europe. Stellantis a préféré sacrifier son image de marque sur l'autel de la rentabilité immédiate, refusant d'investir le moindre centime dans une mise aux normes pourtant indispensable à la survie de tout modèle européen.


La stratégie de l'abandon : chronique d'une exécution programmée

La carrière européenne de la C5 X restera comme un cas d'école de sabotage interne. Tout au long de son existence, elle a subi les décisions erratiques d'une direction obsédée par les tableurs Excel. Suppression des moteurs thermiques 180 chevaux, abandon des hybrides rechargeables les plus puissants : la gamme a été réduite à une peau de chagrin, avec un unique moteur hybride 145 chevaux. Si ce dernier est techniquement valable, il n'a aucunement le prestige nécessaire pour exister face à des rivales qui proposent encore de la noblesse mécanique.

Pire encore, la communication a été inexistante. Pendant que la Peugeot 408 — bide total en Chine et succès mitigé ici — bénéficiait de campagnes massives, la C5 X était laissée à l'abandon, sans soutien, sans publicité, sans vie. Même le restylage prévu, qui aurait dû lui offrir le nouveau visage de la marque, a été jeté à la poubelle pour économiser quelques deniers. Stellantis n'a jamais donné la moindre chance à cette voiture, la laissant se faire cannibaliser par ses propres cousines.

Conclusion : une déception à la hauteur du talent gâché

La sortie de la Citroën C5 X par la petite porte est une gifle pour les passionnés. C’est la fin de la dernière grande routière aux chevrons, une lignée prestigieuse qui s'éteint pour des motifs de rentabilité mesquine. Sacrifier un véhicule aussi confortable et singulier pour ne pas financer une mise aux normes est une preuve de la vision court-termiste qui ronge l'automobile aujourd'hui. La C5 X n'a pas échoué, elle a été trahie. Stellantis a tué une voiture qu'il n'a jamais su ou voulu vendre, laissant les amateurs de confort orphelins d'une certaine idée du luxe français. C’est affligeant, et le vide qu’elle laisse sera difficile à combler.

3 commentaires

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FREDERIC SEIGLE
FREDERIC SEIGLE
il y a une heure

JEREMY, Tu as tout dit !


Les gros rouleurs européens attendaient d'autres motorisations et notamment un bon diesel pour commander cette voiture... Un vrai gâchis !

Cette voiture était stylistiquement la plus belle des CITROEN d'aujourd'hui, mais il lui manquait quelques motorisations plus en rapport avec sa cible clientèle et son standing...


De profundis...


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Maxime Haal
Maxime Haal
il y a 2 heures

A la fin, la question qu'on peut se poser c'est à quoi servi cette voiture chez nous ? On a l'impression qu'elle a été importée de force, d'où le silence assourdissant de la marque autour de cette voiture et la gestion erratique de sa carrière commerciale. J'imagine que le repositionnement de Citroën en marque davantage populaire n'a pas du aider non plus, ni à justifier la présence de la C5 X en concession et encore moins à motiver le réseau pour la vendre ?

La fameuse échéance du 21 mai commence à m'inquiéter, car en dehors de quelques discours à l'occasion de la présentation de concepts type Elo, y a pas grand chose pour se faire une idée de comment…

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Christian Brochard
il y a 3 heures
Noté 5 étoiles sur 5.

Je n'aurais pas mieux formulé ce sentiment de perte. Pour Citroën, l'arrêt de la C5 X n'est pas qu'une fin de série, c'est le chant du cygne. Nous assistons à une stratégie du "courage, fuyons" face aux défis du futur, ou pire, à la politique de l'autruche. Certes, les utilitaires et les nouvelles C3 ou C5 maintiennent artificiellement les volumes, mais pour combien de temps encore ?

​Si l'on compare le catalogue actuel à celui, pourtant si proche, où les chiffres s'égrenaient de la C1 à la C8, le constat est accablant. Citroën nous faisait rêver en déclinant son génie sur tous les segments : citadines audacieuses, familiales spacieuses, monospaces précurseurs et grandes routières impériales. En 2026, les pages dédiée…

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À propos de l’auteur
✍️ Je m’appelle Jérémy K., fondateur du site Passionnément Citroën.
Passionné d’automobile depuis toujours et de Citroën en particulier, je partage chaque jour l’actualité de la marque à travers des articles, essais, analyses et dossiers.
J’ai également créé le magazine Être Citroëniste et la chaîne YouTube Passionnément Citroën, pour faire vivre et transmettre cette passion sous toutes ses formes.
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