Fin pour la Citroën C5 X : Stellantis enterre la dernière grande Citroën
- Jérémy

- 2 mai
- 3 min de lecture

Citroën C5 X : Le clap de fin prématuré d'un vaisseau amiral incompris en Europe
Le paysage de la marque aux chevrons vit une période de transition sans précédent. En l'espace de seulement vingt-quatre mois, Citroën a opéré un renouvellement quasi intégral de son catalogue, une prouesse industrielle visant à simplifier et moderniser une offre qui en avait grand besoin. De la petite révolution électrique que représente la C3 au robuste Jumper, en passant par le C5 Aircross, chaque segment a bénéficié d'une cure de jouvence technologique et stylistique. Cette dynamique, portée par une volonté de conquête et d'accessibilité, contraste pourtant violemment avec une ombre au tableau : le départ discret, presque clandestin, de la Citroën C5 X. Alors que le reste de la famille célèbre sa renaissance, la grande berline routière s’apprête à quitter la scène européenne par la petite porte, laissant derrière elle un sentiment d'inachevé et une pointe d'amertume pour les fidèles de la marque.
2021 : un concept brillant né sous une mauvaise étoile
Lancée en 2021 pour combler le vide laissé par l'ancienne C5, la C5 X n'a pas manqué d'audace. Sur un segment D moribond, coincé entre des SUV uniformes et des berlines allemandes conservatrices, Citroën avait osé le mélange des genres. Berline, break, SUV : la C5 X était une synthèse intelligente, une silhouette atypique qui refusait les cases.
Sur le plan dynamique, elle a immédiatement remis les pendules à l'heure. Grâce au programme Citroën Advanced Comfort et ses butées hydrauliques, elle offrait un confort que la concurrence, même premium, peinait à égaler. En version hybride rechargeable, elle redevenait ce "tapis volant" légendaire, une invitation au voyage au long cours. Mais dès sa naissance, le ver était dans le fruit. En imposant une fabrication en Chine pour un modèle destiné à l'Europe, Stellantis a immédiatement saboté l'image de "fleuron français" de sa grande routière. On ne revient pas sur le devant de la scène avec un produit qui semble fuir ses propres bases industrielles.
Un arrêt brutal pour des économies de "bout de chandelle"
La sentence est tombée le 1er avril 2026 : rideau. La C5 X n'est plus configurable en Europe. Les clients n'ont plus que leurs yeux pour pleurer sur des stocks résiduels faméliques. Le motif invoqué par Stellantis ? Le coût de mise aux normes GSR2, jugé trop élevé par rapport aux volumes de vente. Une explication qui ressemble à une mauvaise excuse comptable quand on sait que la voiture continue sa carrière en Chine jusqu'en 2028.
Le paradoxe est d'ailleurs cinglant. En Chine, là où Stellantis peine à exister, la C5 X porte le groupe à bout de bras. Elle y réalise des performances solides, devançant l'ensemble de la gamme Peugeot au premier trimestre 2026. La voiture est donc intrinsèquement bonne. Le problème n'est pas le produit, mais la volonté politique de le maintenir en vie en Europe. Stellantis a préféré sacrifier son image de marque sur l'autel de la rentabilité immédiate, refusant d'investir le moindre centime dans une mise aux normes pourtant indispensable à la survie de tout modèle européen.
La stratégie de l'abandon : chronique d'une exécution programmée
La carrière européenne de la C5 X restera comme un cas d'école de sabotage interne. Tout au long de son existence, elle a subi les décisions erratiques d'une direction obsédée par les tableurs Excel. Suppression des moteurs thermiques 180 chevaux, abandon des hybrides rechargeables les plus puissants : la gamme a été réduite à une peau de chagrin, avec un unique moteur hybride 145 chevaux. Si ce dernier est techniquement valable, il n'a aucunement le prestige nécessaire pour exister face à des rivales qui proposent encore de la noblesse mécanique.
Pire encore, la communication a été inexistante. Pendant que la Peugeot 408 — bide total en Chine et succès mitigé ici — bénéficiait de campagnes massives, la C5 X était laissée à l'abandon, sans soutien, sans publicité, sans vie. Même le restylage prévu, qui aurait dû lui offrir le nouveau visage de la marque, a été jeté à la poubelle pour économiser quelques deniers. Stellantis n'a jamais donné la moindre chance à cette voiture, la laissant se faire cannibaliser par ses propres cousines.
Conclusion : une déception à la hauteur du talent gâché
La sortie de la Citroën C5 X par la petite porte est une gifle pour les passionnés. C’est la fin de la dernière grande routière aux chevrons, une lignée prestigieuse qui s'éteint pour des motifs de rentabilité mesquine. Sacrifier un véhicule aussi confortable et singulier pour ne pas financer une mise aux normes est une preuve de la vision court-termiste qui ronge l'automobile aujourd'hui. La C5 X n'a pas échoué, elle a été trahie. Stellantis a tué une voiture qu'il n'a jamais su ou voulu vendre, laissant les amateurs de confort orphelins d'une certaine idée du luxe français. C’est affligeant, et le vide qu’elle laisse sera difficile à combler.





Je viens de voir, dans Autoplus du 7 mai 2026, l‘article concernant les nouveaux concepts 6 (Berline Fastback) et 8 (SUV) de Peugeot. La Berline (concept 6) est, selon moi, clairement inspirée, pour sa partie arrière, de… CXperience!!! Donc pas de nouvelle Berline segment D pour Citroën, mais chez Peugeot qui se sert au passage!!! 🤬🤬🤬
Je garde ma Pallas !!! Un vrai collector encore plus maintenant !
Eh bien finallement l'ère Tavares aura produit ces effets, faire de Citroën un Dacia avec uniformité de style et de motorisations... Quelle tristesse et de là à croire que la marque peut continuer à se redresser... Que se passera t-il quand les clients se lasseront de ces même produits déclinés sur tous les segments? les fin de vie de ce seul duo C3 et C3 Aircross promettent de belles marges de progressions aux autres marques et notemment chinoises. Le client veut être valorisé, surtout celui de Citroën, la C5X le permettait mais l'etat major, un bien grand mot pour ces stratèges de la rentabilité en a décidé autrement. Clap de fin, comme la C6 ce sera un beau futur colllecteur.…
Tristesse infinie et profonde amertume que cette nouvelle.
Citroën semblait enfin revivre depuis l’arrivée de Xavier Chardon et regagner des PDM.
J’étais impatient d’entendre les annonces du 21 mai sur la stratégie du groupe et plein d’espoir maintenant je les redoute.
Entre l’arrivée attendue de modèles Dong Feng assemblés à Rennes et le rôle prédominant de Peugeot et Fiat où va se situer Citroën et quel degré de liberté sera accordé à son BE ?
Il n’y a jamais eu la moindre volonté de developper les ventes de la C5X malheureusement tout comme la DS9 d’ailleurs.
Supplique à MM. Filosa et Chardon
Certes le marché européen est extrêmement difficile mais Citroën est légitime dans le segment D bien plus que…
Enfin une bonne decision claire chez Stelltruc. Ce vehicule n'aurait jamais du etre presenté tel quel en Europe au moment meme ou Citroen devait disparaitre derriere DS bidule. Comment perdre sa clientele.