« Citroën est de retour » : Pourquoi la marque aux chevrons retrouve enfin des couleurs en 2026
- Jérémy

- il y a 3 heures
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« Citroën est de retour » : Le cri de ralliement de Xavier Chardon pour 2026
« Citroën est de retour ». C’est par cette affirmation forte, répétée avec conviction lors d’une conférence de presse majeure organisée à Paris, que Xavier Chardon, Directeur général de la marque aux chevrons, a lancé l'année 2026. Ce message, déjà esquissé par son prédécesseur un an plus tôt, prend aujourd'hui une dimension concrète à travers les résultats du premier trimestre. Pour le dirigeant, revenu au sein de la "maison" en septembre dernier après quinze années passées chez Volkswagen, l'heure est au bilan mais surtout aux perspectives.
Cette conférence n'était pas seulement une présentation de chiffres, mais un véritable manifeste pour une marque qui a traversé des zones de turbulences ces dernières années. Entre la nécessité de rassurer les clients après les crises industrielles et l'ambition de redevenir le leader de la mobilité accessible en Europe, le défi est immense. Pourtant, les premiers indicateurs suggèrent que le constructeur a enfin trouvé le bon rythme. Ce "nouveau cycle positif", comme le définit Chardon, s'appuie sur une gamme simplifiée, une tarification agressive et une volonté farouche de replacer l'expérience client au sommet des priorités de Stellantis.
Un premier trimestre 2026 record : La dynamique des chiffres en France et dans le monde
Le premier constat posé par Xavier Chardon devant l'assemblée des journalistes est sans appel : la croissance est là. Durant les trois premiers mois de l'année, Citroën a vendu 190 000 véhicules à travers le monde, soit une progression de 10 % par rapport à la même période en 2025. Cette dynamique est particulièrement vigoureuse sur le Vieux Continent, où la marque réalise 70 % de son chiffre d’affaires. En Europe, les volumes ont progressé de 12,3 %, permettant aux chevrons de s'adjuger une part de marché de 3,5 %, soit un gain net de 0,3 point. Le succès est géographique : Citroën est en croissance de parts de marché dans 90 % de ses marchés européens.
La France, cœur historique et stratégique de la marque, confirme ce regain de forme. Sous l'impulsion d'Édouard George, directeur de Citroën France, la marque a retrouvé des couleurs avec une part de marché de 9,2 % au premier trimestre, soit une hausse de 0,7 point. Citroën consolide ainsi sa troisième place sur le podium national, tant sur le marché des véhicules particuliers (VP) que sur celui des utilitaires (VU). En mars, les prises de commandes ont bondi de 22 %, un chiffre porté par des opérations commerciales réussies comme les "Portes Ouvertes" qui ont généré plus de 5 000 commandes à particuliers, le meilleur score depuis 2019. Le portefeuille de commandes est aujourd'hui solide, représentant environ trois mois de livraisons, ce qui offre une visibilité inédite au réseau de distribution. Ce réseau, fort de 1 700 points de contact en France, voit d'ailleurs sa rentabilité augmenter de plus de 20 %, preuve que le modèle économique redevient vertueux pour les investisseurs.
La réussite par les modèles : L'offensive ë-C3 et la montée en puissance de l'électrique
Ce sursaut des volumes n'est pas le fruit du hasard mais celui d'une gamme renouvelée qui "fait mouche". La C3 s'impose comme le véritable porte-étendard de cette stratégie de reconquête. Positionnée sur le segment B, elle s'affiche à un prix psychologique fort : 13 990 euros pour la version électrique, une fois les aides déduites. Cette accessibilité permet à la ë-C3 de figurer dans le top 3 des ventes sur plusieurs marchés majeurs comme l'Italie, l'Espagne ou le Portugal. En Europe, près d’un tiers des ventes de C3 sont aujourd'hui réalisées en version 100 % électrique, validant le pari de l'électrification populaire.
Le C3 Aircross suit cette même trajectoire ascendante. Avec une version électrique proposée au même prix que la version thermique (soit 19 990 euros), Citroën applique sa stratégie du "Power of Choice" sans pénalité financière pour le client. Les commandes pour ce modèle ont bondi de 57 % depuis le début de l'année. Plus haut dans la gamme, le C5 Aircross, fabriqué à Rennes, démontre que Citroën sait aussi séduire sur les segments supérieurs : ses commandes sont en hausse de 60 % par rapport à la génération précédente. Actuellement équipé de batteries NMC (nickel, manganèse, cobalt), le groupe réfléchit sérieusement à l'introduction de batteries LFP (lithium, fer, phosphate), plus abordables, pour maintenir la compétitivité prix sans sacrifier la marge.
Enfin, impossible de ne pas mentionner l'Ami. Le quadricycle électrique, qui fêtera bientôt ses 100 000 unités vendues, voit son mode de distribution évoluer. Jusqu'ici principalement vendue en ligne, l'Ami intègre désormais pleinement le réseau physique de concessionnaires dans une approche hybride. L'objectif est de redonner de l'allant à ce modèle iconique en offrant plus de proximité et de service après-vente, tout en capitalisant sur son image de pionnier de la micro-mobilité.
Vers la fin du « supermarché automobile » : Restaurer l'identité et la confiance
Au-delà des produits, Xavier Chardon a abordé frontalement les défis structurels et les erreurs du passé. Le dirigeant a reconnu que les délais de livraison excessifs (jusqu'à six mois) et les crises liées aux moteurs PureTech et aux airbags Takata avaient profondément érodé la confiance. Le taux de fidélité de la clientèle est ainsi tombé à 40 %, de nombreux acheteurs se tournant vers des marques comme Dacia, Toyota ou Kia. Pour stopper cette hémorragie, une Direction de la satisfaction client a été créée en décembre dernier sous la houlette d'Anne Fenninger. Son rôle ? Garantir que chaque décision, du développement à l'après-vente, serve l'intérêt final du client.
Cette volonté de changement passe aussi par une remise en question du modèle de distribution au sein de Stellantis. Xavier Chardon a été tranchant : « Le supermarché de l’automobile chez Stellantis n’est clairement plus notre stratégie ». Si le multimarquisme (plusieurs marques sous un même toit) reste une réalité pour les investisseurs, Citroën refuse désormais la standardisation uniforme qui tirait l'image vers le bas. La marque veut redonner de la valeur à son identité propre et clarifier son positionnement, notamment par rapport à DS. Cette transformation sera progressive mais ferme. Elle s'accompagne également d'une offensive commerciale pour rajeunir le parc roulant français, dont l'âge moyen atteint 11,6 ans, via une prime à la reprise pouvant atteindre 6 000 euros. Pour Xavier Chardon, il s'agit de prouver que Citroën n'est pas une "vieille dame" de 107 ans qui se laisse distancer, mais une marque centenaire capable de se réinventer pour répondre aux enjeux de parité tarifaire entre thermique et électrique.
Conclusion : Un nouveau souffle pour les chevrons
En conclusion, Citroën est bel et bien de retour, et Xavier Chardon a raison de le souligner avec force. La marque remonte la pente et la nouvelle gamme séduit par son pragmatisme et son audace tarifaire. Il y a de quoi être fier et rassuré pourles chevrons. Pour autant, la clairvoyance reste de mise : le chemin sera encore long pour effacer totalement les doutes nés des crises précédentes et pour stabiliser un taux de fidélité à la hauteur des ambitions du groupe Stellantis. Mais avec une croissance mondiale de 10 % et une part de marché en progression constante, Citroën prouve qu’elle est entrée dans un nouveau cycle positif. La marque ne se contente plus de subir, elle redevient actrice de son destin, prête à affronter les défis de la mobilité électrique avec sérénité.





Le travail de reconstruction ne fait que commencer mais ga selmble en trés bon chemin !
" Xavier Chardon a abordé frontalement les défis structurels et les erreurs du passé. Le dirigeant a reconnu que les délais de livraison excessifs (jusqu'à six mois) et les crises liées aux moteurs PureTech et aux airbags Takata avaient profondément érodé la confiance. "
Voilà un capitaine clairvoyant , c'est rassurant pour l'avenir de la marque .
Qu'il est agréable de lire : " la nouvelle direction semble pleinement consciente des erreurs passées et montre une détermination réelle à replacer l'humain et la proximité au cœur de son réseau. "