[Citroën du bout du monde] : le destin hors norme de la C-Elysée VIP en Chine
- Jérémy

- 15 avr.
- 4 min de lecture

Citroën ZX et C-Elysée VIP : l'incroyable épopée de la limousine chinoise
Dans ce nouveau numéro de la rubrique consacrée aux Citroën du bout du monde, nous traversons les frontières pour explorer une page méconnue mais fascinante de l'histoire de la marque aux chevrons. Si, en Europe, la Citroën ZX est restée dans les mémoires comme une compacte sérieuse et efficace, sa destinée en Asie a pris une tournure radicalement différente. En Chine, ce modèle emblématique a non seulement assuré la pérennité du constructeur, mais il a également donné naissance à des dérivés surprenants, dont la Citroën C-Elysée VIP, une version qui a littéralement transformé cette voiture populaire en une limousine statutaire.
L'arrivée de Citroën en Chine : la naissance de la Fukang
L’aventure chinoise de Citroën débute véritablement au début des années 1990 via la joint-venture Dongfeng Citroën. Pour s'implanter sur ce marché en pleine expansion, la marque mise sur la ZX, lancée en 1992 sous le nom local de Fukang (qui signifie "Prospérité et Santé"). Initialement disponible dans sa silhouette bicorps à 5 portes, la Fukang s'est immédiatement distinguée par une robustesse adaptée aux infrastructures routières chinoises de l'époque. Bien que visuellement très proche de notre version européenne, elle bénéficiait de réglages de suspension spécifiques et d'une garde au sol légèrement rehaussée pour affronter des terrains parfois difficiles.
Le style de la Fukang a évolué de manière subtile mais constante pour répondre aux attentes locales. Contrairement à la version française qui a tiré sa révérence en 1998, la Fukang a poursuivi sa carrière avec des mises à jour esthétiques régulières, incluant des optiques cristallines et des calandres plus imposantes intégrant fièrement les chevrons. La motorisation de base, le moteur TU de 1,4 litre, a été rejointe par des blocs plus puissants pour satisfaire une clientèle urbaine émergente. Cette implantation réussie a prouvé que la base technique de la ZX était d'une flexibilité rare, permettant à Citroën d'envisager rapidement des variantes plus ambitieuses et plus prestigieuses.
La C-Elysée : l'évolution vers la berline tricorps
À l'aube des années 2000, le marché chinois exprime une préférence marquée pour les silhouettes "tricorps", perçues comme plus élégantes et statutaires que les modèles à hayon. En 2002, Citroën franchit une étape majeure en lançant la C-Elysée, un dérivé profond de la ZX qui vient remplacer la Fukang 988 (la version à coffre précédente). Cette première génération de C-Elysée marque une rupture visuelle importante. Si la structure centrale demeure celle de la ZX, la face avant s'inspire directement de la Citroën Xsara, avec des phares en amande et une ligne plus fluide.
L'intérieur de la C-Elysée bénéficie également d'une montée en gamme notable, reprenant la planche de bord de la Xsara pour offrir un confort et une finition supérieurs. Les ingénieurs ont travaillé sur l'insonorisation et l'équipement, proposant l'ABS ou encore des airbags, des éléments encore loin d'être généralisés sur toutes les voitures populaires chinoises de cette période. La C-Elysée est devenue le symbole d'une voiture familiale polyvalente, capable de transporter les nouvelles classes moyennes avec une certaine distinction. C’est précisément sur cette base solide et appréciée que Citroën va tenter un pari audacieux : transformer cette voiture de grande diffusion en un véhicule de prestige.
Citroën C-Elysée VIP : une limousine sur base de compacte
Le point d'orgue de cette stratégie de personnalisation locale est sans aucun doute la Citroën C-Elysée VIP. Lancée pour répondre à une demande spécifique des cadres et des officiels chinois qui souhaitaient un véhicule spacieux sans pour autant atteindre les tarifs des berlines de luxe importées, cette version est une véritable curiosité technique. Pour créer la VIP, le châssis de la C-Elysée a été étiré de 15 centimètres au niveau de l'empattement. Cette extension est visible de l'extérieur par l'ajout d'un montant central (pilier B) élargi, souvent orné d'un badge spécifique "VIP".
À l'intérieur, l'espace aux jambes à l'arrière devient princier, rivalisant avec des véhicules de segments supérieurs. Le raffinement est poussé à son paroxysme pour le modèle : sellerie en cuir beige, inserts façon boiseries sur la console centrale et les contre-portes, et parfois même des équipements multimédias pour les passagers arrière. Extérieurement, la C-Elysée VIP se distinguait par des détails chromés supplémentaires, notamment sur la calandre et les baguettes latérales, ainsi que des jantes en alliage spécifiques. Sous le capot, on retrouvait généralement le moteur 1.6i 16V de 106 chevaux, couplé à une boîte manuelle ou automatique, offrant une souplesse de conduite en adéquation avec son rang. Cette version demeure aujourd'hui un témoignage unique de l'ingéniosité de Citroën pour s'approprier les codes du luxe local avec une plateforme initialement conçue pour la compacité.
En conclusion, la réussite de Citroën en Chine repose sur une capacité d'adaptation aux spécificités locales. En comprenant que le consommateur chinois valorise l'espace intérieur et le prestige visuel, la marque a su faire évoluer la ZX bien au-delà de sa mission originelle. La Citroën C-Elysée VIP en est l'illustration la plus frappante : une véritable limousine née d'une voiture populaire. Ce modèle a permis à Citroën de s'ancrer durablement dans le paysage automobile chinois, prouvant que l'innovation ne réside pas seulement dans la création de nouveaux modèles, mais aussi dans la réinvention intelligente de ses icônes pour conquérir de nouveaux horizons.
























Le tableau de bord me fait penser à celui de la C5 I
Il est facile de rejouer le match, ce qui n'interdit pas de nous interroger sur la dégringolade des ventes en Chine des constructeurs Européens. Même le groupe VW qui y était omniprésent, boit la tasse. J'y vois peut-être l'expression de notre crédulité, et sans doute notre manque de vigilance sur les desseins Chinois, suffisamment habiles en affaires, pour qu'on leur laisse en accès "Open bar" notre technologie, poussant notre zèle de prétendu conquérant à former leurs ingénieurs et techniciens, mésestimant l'intelligence des interssés dans tous les sens du terme, à apprendre, acquérir les connaissances, pour très vite nous surpasser dans des domaines stratégiques. Mais les erreurs passées peuvent être positives, si l'on sait en tirer les leçons, et c'est c…