Citroën Basalt en Europe : Pourquoi le SUV coupé ne rejoindra pas notre gamme ?
- Jérémy

- 10 janv.
- 4 min de lecture

Dernièrement, la sphère automobile s'est agitée suite à la diffusion d'images montrant un futur SUV coupé que Fiat développe activement pour une présentation prochaine en Europe. Ce nouveau modèle, qui partage des gènes techniques évidents avec les récentes productions du groupe Stellantis, pose inévitablement une question cruciale pour les fidèles de la marque aux chevrons : pourquoi le Citroën Basalt, son équivalent direct déjà commercialisé sur d'autres marchés mondiaux, ne traverse-t-il pas l'océan pour rejoindre nos concessions ? Alors que la silhouette de SUV coupé connaît un succès croissant sur le Vieux Continent, les raisons de cette absence dans la gamme européenne de Citroën révèlent les complexités d'une stratégie de groupe où chaque millimètre et chaque euro comptent.
Un potentiel de succès indéniable sur le marché européen
À première vue, l'absence du Citroën Basalt en Europe peut paraître surprenante. Le véhicule possède en effet tous les attributs pour séduire une clientèle européenne de plus en plus friande de silhouettes dynamiques. Conçu sur la plateforme SmartCar, qui sert déjà de base aux nouvelles C3 et C3 Aircross, le Basalt bénéficierait d'une structure optimisée pour la réduction des coûts de production. Cette architecture permettrait d'afficher des tarifs extrêmement compétitifs, un argument de poids dans un contexte économique où l'accessibilité devient le principal moteur d'achat.
Le design du Basalt, mêlant la garde au sol d'un SUV et la ligne de toit fuyante d'un coupé, s'inscrit parfaitement dans les tendances actuelles. Ce concept, qui était autrefois réservé aux segments premium, s'est largement démocratisé et rencontre un écho très favorable en France comme chez nos voisins. Néanmoins, l'introduction d'un nouveau modèle ne dépend pas uniquement de son esthétique ou de son prix potentiel. Il s'agit d'une équation complexe intégrant la logistique industrielle et la cohérence globale de l'offre européenne, où chaque nouveauté doit trouver sa place sans nuire à l'équilibre préexistant.

La menace directe pour la Citroën C4 et l'équilibre industriel
La raison majeure pour laquelle Citroën ne peut pas diffuser le Basalt en Europe réside dans une analyse de segmentation très stricte. Avec une longueur d'environ 4,35 mètres, le Basalt viendrait se positionner frontalement face à la Citroën C4, qui mesure 4,36 mètres. Les deux véhicules partagent un concept similaire, puisque la C4 actuelle est elle-même une berline compacte aux accents de SUV coupé. En proposant le Basalt, Citroën se retrouverait avec deux modèles aux dimensions extérieures quasi identiques et à l'habitabilité très proche, le Basalt pouvant même se montrer plus généreux grâce à une optimisation intérieure héritée du programme C-Cubed.
Le risque de cannibalisation serait alors immense. Avec des tarifs prévisibles nettement inférieurs à ceux de la C4, le Basalt pourrait littéralement condamner la carrière de la berline compacte de la marque. Cette situation aurait des conséquences dramatiques pour l'appareil industriel du groupe, et plus particulièrement pour l'usine de Madrid. Le site de Villaverde dépend aujourd'hui exclusivement de la production des C4 et C4 X. Alors que le segment des berlines compactes subit déjà de plein fouet la concurrence des B-SUV, introduire une alternative interne plus abordable mettrait en péril la pérennité de l'usine espagnole, un risque que Stellantis ne semble pas prêt à prendre.
Un chaînon manquant dans la gamme entre la C3 et le C3 Aircross
Malgré ces contraintes, l'observation de la gamme Citroën actuelle laisse apparaître une opportunité. Entre la nouvelle C3, longue de 4 mètres, et le nouveau C3 Aircross, qui atteint désormais 4,39 mètres, il existe un espace vacant d'environ 40 centimètres. Si le Basalt avait été conçu avec une longueur plus contenue, aux alentours de 4,20 mètres, son introduction aurait été pertinente pour combler ce vide. Un SUV coupé urbain de ce format aurait permis de proposer une alternative dynamique aux clients trouvant la C3 trop courte et le C3 Aircross trop typé "familial".
L'avenir nous dira si Citroën envisage de corriger ce manque. Deux pistes pourraient être explorées : le développement d'une version raccourcie du Basalt spécifique à l'Europe, ou bien la concrétisation en série du concept ELO, présenté en décembre dernier. Ce dernier, avec ses 4,10 mètres, a suscité des retours extrêmement positifs grâce à son approche minimaliste et moderne de la mobilité. Reste à savoir si la marque privilégiera la forme d'un SUV coupé compact ou si elle osera réinterpréter le concept du monospace urbain pour casser les codes du marché actuel.
Une logique économique avant tout
En conclusion, si l'absence du Citroën Basalt en Europe peut logiquement décevoir ou interroger, elle répond à une logique industrielle et économique implacable. Introduire ce SUV coupé reviendrait à fragiliser la Citroën C4, un modèle pilier qui a récemment bénéficié d'un restylage important pour rester compétitif. Dans un marché de la berline compacte en pleine mutation, protéger les investissements réalisés sur la plateforme madrilène est une nécessité.
Toutefois, le succès potentiel d'un tel véhicule en Europe reste une réalité que Citroën ne pourra ignorer indéfiniment. Le "trou" existant dans la gamme entre la citadine C3 et le grand C3 Aircross est une zone de croissance potentielle. Que ce soit par un dérivé du Basalt ou une version de série du concept ELO, la marque devra tôt ou tard répondre aux attentes des consommateurs pour un véhicule intermédiaire, accessible et au style affirmé. Le mystère reste pour l'instant entier, mais la dynamique actuelle de Citroën laisse présager des choix audacieux.





Stellantis qui se soucie de l'avenir de l'usine de Villaverde ?... Ou bien la production des clones FIat/Opel/Citroën est-elle déjà assez problématique pour ne pas en rajouter ?...
Concernant l'avenir de la C4, on semble déjà préparer les esprits à une production marocaine (abaisser les coûts de production permettrait d'augmenter les dividendes, non ?)...
Allez, J'espère vraiment me tromper...
Dans le cas contraire, espérons qu'une réelle prise de conscience à l'échelle européenne vienne contrarier une stratégie purement commerciale, avec - par exemple - une surtaxe dissuasive pour tout véhicule importé produit hors d'Europe... Comme le disait un vieux slogan, nos achats sont nos emplois... Ainsi que les valeurs que nous défendons.
Ce débat lancé sur la politique power point ou Excel de Stellantis rappele notre Europe à 27.
Un boullibougla insipide et sans saveur et la perte des identités de chacun.
Stellantis c'est pareil ! On mixte tout et chacun se mélange et se copie, sauf peut-être Peugeot, curieux ?
Mais les identités et adn des marques s'estompent ou disparaissent.
Bientôt il vaudra mieux acheter en connaissance de cause du chinois avec toutes les conséquences à la clé.
Pessimiste ? Oui ! Le blues...
Pour une fois je suis d'accord . Une Basalt en Europe n'apporte rien vu que la C4 existe deja !
LA ou vu faites tous une erreur c'est de croire qu'elle serait moins chere en Europe. En AMsud la Basalt telle que proposée n'est pas compatible avec les normes euros ( un peu comme toute la gamme Fiat qui est largement numero un la-bas avec une grosse gamme en plus ). Bref avec une adaptation au gouts de l'Europe je pense que son prix serait au final tres proche de la C4 et du coup pourquoi elle se vendrait mieux que cette derniere ? On voit bien que les Dacia de plus en plus "europeennes like" deviennent plus chere aussi…
Je lis "Cette situation (NDLR le lancement d'une C3/C4 Basalt )aurait des conséquences dramatiques pour l'appareil industriel du groupe, et plus particulièrement pour l'usine de Madrid."
Je suis entièrement d'accord avec cette phrase. Seulement ce non lancement de ce SUV coupé n'aura t-il pas des conséquences dramatiques sur l'avenir de la marque ? Parce qu'avec une C3 IV qui fait moins bien que l'ancienne (avec une version E-C3 a l'autonomie bien faible), un dérivé C3 AC II dont il est encore un peu temps pour juger des perfs commerciales, une C4 III en fin de carrière sur un segment en déclin général et une C5 AC II qui mériterait de marcher, il n'y aurait rien de nouveau d'ici 3 a…
Il manque un joli break à la C4 pour l'Europe !
L'arrêt de cette variante de carrosserie chez CITROEN du temps de la direction JACKSON a été une faute commerciale majeure, une de plus me direz vous !
Le coffre de la C4 est un peu petit, la C4X ne possède pas de hayon et est un échec dans plusieurs pays d'Europe...
Cette carrosserie aurait permis à CITROEN de gagner quelques parts de marché et de saturer l'usine de Madrid en élargissant les variantes de carrosserie.
Les ventes de C4 baissent à nouveau. Sachez que les commerciaux de tous poils, assez nombreux à utiliser la C4, malgré le handicap d'un coffre un peu juste, renouvellent leur C4 diesel, motorisation plus…