[Citroën au cinéma] Citroën 2CV 007 : les secrets de la Deuche mythique de James Bond
- Jérémy

- il y a 6 jours
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Citroën 2CV 007 : l’incroyable destin de la complice de James Bond
Nous poursuivons aujourd'hui notre série consacrée aux modèles Citroën au Cinéma en nous penchant sur une icône qui a fait couler beaucoup d’encre et vibrer bien des moteurs : la célèbre 2CV 007. Propulsée sur le devant de la scène internationale aux mains du plus célèbre des agents secrets, cette version de la "Petite Citroën" cache une histoire étonnante, faite de compromis techniques audacieux et d’un succès marketing inattendu. Elle reste à ce jour la détentrice d’un record symbolique chez le constructeur aux chevrons, celui d’avoir donné naissance à la plus petite série limitée jamais produite sur une base de 2CV, faisant d'elle une pièce de collection absolument incontournable pour les amateurs de la marque.
De la Mini à la 2CV : le choix audacieux de Rémi Julienne
L’apparition de la Citroën 2CV dans le douzième opus de la saga James Bond, intitulé "Rien que pour vos yeux" (1981), ne doit rien au hasard mais tout à la détermination d’un homme de l’ombre. À l’époque, la production du film envisageait d'utiliser une Mini Cooper rouge pour la grande scène de poursuite en Espagne (bien que tournée en réalité en Grèce). C’est le célèbre coordinateur de cascades français, Rémi Julienne, qui a imposé la Citroën 2CV à rebours des souhaits initiaux de l'équipe de production britannique. Fort de son expérience passée sur le film "L'Or se barre" (The Italian Job), où de nombreuses Mini avaient été détruites et des cascadeurs blessés en raison de la rigidité de leur châssis lors des sauts, Julienne souhaitait un véhicule plus souple et prévisible.
Pour lui, la Citroën 2CV possédait des qualités dynamiques uniques : ses suspensions à grand débattement permettaient des réceptions de sauts spectaculaires sans désintégrer la structure du véhicule, tout en offrant un aspect visuel comique et décalé lors des prises d'angles en virage. Le tournage de cette séquence d'anthologie s'est déroulé sur l'île de Corfou, au milieu des oliveraies escarpées. Pour obtenir les quelques minutes de poursuite haletante que nous connaissons à l'écran, il aura fallu pas moins de douze jours de tournage intensif, durant lesquels la petite Citroën a dû faire preuve d'une résilience hors du commun face aux deux Peugeot 504 noires lancées à ses trousses.
Des dessous mécaniques de GS pour des cascades de haut vol
Pour que la "Deuche" puisse rivaliser avec ses poursuivantes et supporter le rythme effréné des cascades, les exemplaires utilisés pour le tournage étaient loin d'être des modèles de série. Au total, la production a mobilisé trois exemplaires de 2CV très spécifiques. Contrairement à une idée reçue, ces voitures n'ont pas été préparées par les équipes de Citroën à Levallois, mais dans l'atelier britannique de Ken Shepard, lui-même cascadeur. Ces véhicules ont bénéficié d'un renforcement structurel du châssis et de l'installation d'un arceau-cage de sécurité indispensable pour protéger les pilotes lors des tonneaux et des sauts.
La modification la plus spectaculaire se trouvait cependant sous le capot. Le classique bicylindre de 602 cm³ manquait de souffle pour les besoins de la mise en scène ; il fut donc remplacé par le moteur flat-four de 1015 cm³ emprunté à la Citroën GS. Ce bloc développant environ 55 chevaux permettait à la 2CV d'atteindre des vitesses et des accélérations nécessaires pour la crédibilité de la scène, tout en conservant l'architecture "boxer" chère à la marque. À la fin du tournage, le destin de ces trois voitures fut varié : la première est aujourd'hui fièrement exposée dans la collection de Citroën Héritage (portant encore ses impacts de balles réels), tandis que les deux autres furent vendues à un collectionneur anglais en 1982, l'une d'elles ayant même servi de véhicule de tous les jours pendant plusieurs années.
La série spéciale 2CV 007 : un collector immédiat
Conscient du potentiel médiatique de cette collaboration, Citroën décide de commercialiser une série spéciale pour accompagner la sortie du film. Cette dernière est présentée en grande pompe en octobre 1981, sur la place Vendôme à Paris, en présence des acteurs du film, dont le regretté Roger Moore. Produite à seulement 500 exemplaires (uniquement pour le marché français, malgré les rumeurs d'une version britannique), elle est devenue instantanément la série limitée la plus exclusive de la gamme. Cependant, plusieurs différences notables existent entre la voiture du grand écran et celle vendue en concession.
Alors que la 2CV du film arborait une teinte Jaune Mimosa (AC333), la série limitée a adopté le Jaune Hélios (AC336), plus vif, car le coloris précédent n'était plus au catalogue. De plus, la base utilisée n'était pas une version Club mais une 2CV6 Spécial, reconnaissable à son équipement plus dépouillé. L'élément le plus distinctif restait bien sûr la décoration : les logos "007" et les célèbres impacts de balles étaient apposés directement à l'usine. Toutefois, pour ne pas léser les autres clients, Citroën proposait également un kit d'accessoires complet en boutique, permettant à tout possesseur de 2CV jaune de transformer son véhicule en réplique de la voiture de James Bond, contribuant ainsi à populariser l'image d'une marque audacieuse et malicieuse.
Sans nul doute, la Citroën 2CV 007 de James Bond est rapidement devenue mémorable de par sa scène importante et ses nombreuses cabrioles, mais également de par cette série limitée qui en est suivie. Avec seulement une petite dizaine d'unités authentiques encore recensées en service aujourd'hui, cette version demeure un Graal automobile. Elle symbolise une époque où Citroën osait tout, faisant de cette 2CV 007 une voiture vraiment à part, capable de transformer une modeste citadine en une véritable légende du septième art.













Une des poursuites automobiles d'anthologie, qui fait plaisir à revisionner. Heureusement, ce film n'était pas une production cinématographique Allemande, car la petite Française aurait connu une fin tragique. Je remarque presque invariablement, que dans une série ou un film venant de l'autre côté du Rhin, lorsqu'il y a une voiture Française, c'est soit une antiquité, soit le véhicule finit détruit ou tombe en panne. A méditer...
Le choix de la deuche pour James Bond aurait pu paraître improbable pourtant son choix a apporté un plus au film et Citroën a su avec brio rebondir sur l’occasion en proposant une serie speciale 007!