Formule E 2026 : Bilan contrasté pour Citroën Racing au retour de l’e-Prix de Sanya
- Jérémy

- il y a 5 heures
- 5 min de lecture

Ce week-end, le Championnat du Monde ABB FIA de Formule E opérait un retour particulièrement attendu par les observateurs et les amateurs de monoplaces électriques sur le tracé urbain de Sanya, en Chine. Après de longues années d’absence du calendrier international, ce circuit représentait un jalon hautement symbolique pour la marque aux chevrons. En effet, Citroën y affichait de légitimes ambitions de performance, nourries par le souvenir impérissable du succès mémorable de Jean-Éric Vergne lors de l'édition 2019. L’écurie avait d'excellentes raisons de croire en ses chances de briller à nouveau sur ce tracé sélectif, portée par une préparation technique rigoureuse et une connaissance fine des exigences du pilotage en milieu urbain. Cependant, la vérité de la piste s'est avérée complexe et sans concession. Si la compétitivité pure de la monoplace a été confirmée à plusieurs étapes de la journée, les conditions de course changeantes et les faits de course imprévisibles ont rendu le bilan comptable global nettement plus difficile à accepter pour l’équipe technique.
Un e-Prix de Sanya à rebondissements : la stratégie Citroën face aux éléments
Sept ans après sa dernière apparition officielle au calendrier mondial, la piste de Haitang Bay à Sanya a offert un spectacle d’une intensité rare, confirmant sa réputation de tracé exigeant pour les mécaniques comme pour les hommes. Les fortes chaleurs tropicales et une humidité ambiante marquée ont d'emblée posé les bases d'une gestion énergétique extrêmement complexe. La Manche 11 de la saison a tenu toutes ses promesses en matière de suspense, caractérisée par de nombreux dépassements musclés, le déploiement de deux procédures de Full Course Yellow et, surtout, l'interruption majeure de l’épreuve par un drapeau rouge à la mi-course.
Dans ce contexte instable, la grille de départ laissait présager des dynamiques bien distinctes pour les deux monoplaces du Citroën Racing Formula E Team. S’élançant depuis une solide sixième position, le Néo-Zélandais Nick Cassidy s’est rapidement imposé comme l’un des grands animateurs de la première moitié de l’épreuve. En appliquant à la lettre une stratégie d’activation pertinente de son Attack Mode, il est parvenu à se hisser progressivement au sommet de la hiérarchie, s'offrant même le luxe de mener la course et d'occuper la tête durant trois tours consécutifs. Alors qu'un podium semblait solidement à sa portée, l'interruption par drapeau rouge consécutive à un accident majeur est venue briser cette excellente dynamique. Dès la relance de la course, un problème technique affectant son système de freinage a forcé le pilote à passer par la voie des stands. Pour ajouter à la frustration collective, une pénalité réglementaire pour excès de vitesse dans la pit lane a définitivement ruiné ses chances, l'empêchant d'être classé à l'arrivée malgré un rythme global qui l'installait parmi les plus rapides du plateau.
À l'opposé de cette trajectoire contrariée, Jean-Éric Vergne a abordé l'épreuve avec la patience et l'expérience qui caractérisent un double champion du monde. Qualifié en treizième position sur la grille, le pilote français a construit sa remontée méthodique au cœur d'un peloton hyper compact où chaque centimètre de bitume se négociait fermement. Grâce à une gestion thermique et énergétique remarquable de sa monoplace, il a évité les pièges des premiers tours pour grappiller des positions cruciales. Longtemps stabilisé aux portes du Top 10, il a haussé le rythme dans les dernières boucles pour se mêler à la lutte pour le Top 5. Malgré des ultimes changements de positions consécutifs aux dernières neutralisations de la course, le Français a franchi la ligne d'arrivée au neuvième rang. Suite à l’application de plusieurs pénalités post-course infligées à ses concurrents directs, il a finalement été promu à la huitième place finale, rapportant ainsi quatre points précieux et mérités à l’écurie.
Les réactions du clan Citroën Racing : entre résilience et apprentissage
Au terme d'une journée aussi éprouvante pour les nerfs de l'équipe que pour le matériel, les responsables techniques et les pilotes ont pris le temps d'analyser les données pour livrer un bilan lucide mais résolument tourné vers l'avenir. Cyril Blais, Team Principal de Citroën Racing Formula E Team, a tenu à souligner l'exigence globale de l'événement à travers une déclaration officielle exhaustive « C’était une course particulièrement exigeante et mouvementée, probablement à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre d’un circuit comme Sanya. Entre les fortes chaleurs, le drapeau rouge et les multiples neutralisations, les conditions ont représenté un véritable défi pour l’ensemble du peloton. Le résultat final ne reflète pas totalement le potentiel que nous avons montré aujourd’hui, mais nous quittons Sanya avec des points précieux et de nombreux enseignements. Notre attention se tourne désormais vers Shanghai alors que nous entrons dans une phase importante du Championnat. »
De son côté, Nick Cassidy ne cachait pas sa déception face à un scénario aussi cruel, tout en conservant une attitude constructive pour la suite des événements de la saison. Le pilote néo-zélandais a rappelé que la performance pure de sa monoplace restait un motif de satisfaction indéniable, expliquant que le travail accompli durant les essais et le début de course constituait une base de données solide. Il a également exprimé son plaisir de retrouver le public chinois et s'est dit déterminé à convertir ces précieux apprentissages en résultats concrets lors des prochaines échéances asiatiques.
Pour Jean-Éric Vergne, la satisfaction d'intégrer les points salvateurs l'emportait logiquement sur les regrets liés à une qualification en retrait. Le pilote tricolore a salué l'effort collectif fourni par l'ensemble des ingénieurs et des mécaniciens tout au long du week-end. Tout en regrettant de ne pas avoir pu maximiser le potentiel de son second Attack Mode en raison des interruptions répétées par la direction de course, il a insisté sur le fait que progresser de la treizième à la huitième place dans un championnat aussi relevé constituait une performance positive. Selon lui, ces quatre points durement acquis démontrent la solidité de l'équipe et serviront de catalyseur pour poursuivre le développement technique de la voiture.
Cap sur Shanghai : le double-header électrique de la tournée asiatique
L’e-Prix de Sanya marquait une transition géographiquement majeure pour le calendrier officiel de la Formule E. Après la clôture d'une intense et exigeante tournée européenne, l'étape de Sanya représentait le point de départ officiel d’une ambitieuse campagne asiatique. Cette immersion sur le continent asiatique constitue traditionnellement un moment charnière de la saison, où la capacité d'adaptation des structures techniques aux circuits urbains spécifiques et aux climats exigeants détermine souvent l'attribution des titres mondiaux en fin d'année.
La prochaine étape de cette aventure internationale mènera l'écurie Citroën Racing sur le célèbre circuit de Shanghai, une métropole économique majeure de la Chine. Pour cette occasion, le format de compétition passera à la vitesse supérieure puisque les organisateurs ont planifié un double-header, à savoir deux courses indépendantes réparties sur le même week-end. Ce format spécifique double l'enjeu mathématique et ne laisse aucune place à l'erreur pour les équipes techniques. La moindre faiblesse lors des séances qualificatives ou une mauvaise gestion de l'énergie le samedi peut compromettre l'intégralité du week-end, tandis qu'une voiture bien réglée offre l'opportunité unique de réaliser une moisson de points substantielle en l'espace de quarante-huit heures.
Le verdict de la piste de Sanya est venu rappeler à quel point le Championnat du Monde de Formule E demeure une discipline à la compétitivité exacerbée, où le peloton affiche un niveau de performance hyper serré. Si la structure Citroën Racing a fait la démonstration éclatante de ses capacités dynamiques en course, les impondérables stratégiques et les incidents mécaniques ont rendu un verdict comptable décevant qui ne correspond assurément pas au niveau de performance réel affiché par la monoplace aux chevrons. L'équipe a prouvé qu'elle disposait des armes techniques pour jouer les premiers rôles, mais la discipline exige une exécution parfaite que les neutralisations successives ont rendue impossible ce week-end. L’écurie Citroën Racing attend désormais avec impatience l’opportunité de reprendre la piste à Shanghai pour concrétiser ses promesses en piste et replacer ses deux pilotes au sommet de la hiérarchie mondiale.






On y croit pour Shanghai !
Un coup pour rien ou presque