[Les records Citroën] AX Diesel : comment elle a validé un record mondial à 2,7 l/100 km

La quête de la sobriété énergétique n’est pas un paradigme récent au sein de l’industrie automobile, et la marque aux chevrons en a fait l'un de ses plus prestigieux fers de lance. Je vous propose aujourd'hui de vous plonger dans le troisième volet de notre série exclusive consacrée aux records légendaires de Citroën, un chapitre entièrement dédié à l'art de l'efficience et de la frugalité mécanique. Au cœur de cette rétrospective historique se trouve une citadine emblématique des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix : la Citroën AX diesel. Conçue pour démocratiser l’économie d’usage, cette petite berline populaire a marqué les esprits en s'offrant une place de choix dans le très sélect Guinness Book des Records. Son exploit reste gravé dans les annales comme une véritable prouesse d’ingénierie : relier la ville britannique de Douvres à la cité catalane de Barcelone en n'utilisant qu'un seul et unique plein de carburant. À l'heure où les technologies d'électrification s'imposent pour abaisser les niveaux d'émissions, ce retour en arrière permet d'analyser comment une conception minimaliste et pragmatique a pu bouleverser les standards de la consommation routière.
La Citroën AX Diesel : l'art de la légèreté absolue au service de la sobriété
Pour comprendre la genèse de la Citroën AX et son incroyable appétit d'oiseau, il est nécessaire de remonter aux racines mêmes de sa conception, profondément influencée par le programme expérimental ECO 2000 mené par l'État français et les constructeurs nationaux à la suite des chocs pétroliers des années soixante-dix. L'objectif de ces recherches était limpide : concevoir un véhicule capable de descendre sous la barre des 3 litres aux 100 kilomètres à vitesse stabilisée. Lorsque Citroën commercialise l'AX en 1986 pour succéder à la Visa et à la mythique mais vieillissante 2CV, la marque applique à la lettre les préceptes de ce laboratoire technologique, axés principalement sur la chasse drastique au moindre gramme superflu et l'optimisation des flux d'air.
Dès l'année 1989, la gamme s'enrichit d'une déclinaison qui allait redéfinir les normes de la catégorie : la version motorisée par un bloc diesel. Citroën y installe le tout nouveau bloc moteur TUD 1.4 Diesel, une merveille de compacité de 1 360 cm³ développant une puissance de 52 ch. Ce moteur moderne profitait d'un bloc en alliage léger doté de chemises en fonte, permettant de contenir le poids total du véhicule à un niveau exceptionnellement bas. Selon les versions et les niveaux d'équipement, la citadine aux chevrons affichait une masse oscillant entre 640 et 700 kg sur la balance.
Associée à cette légèreté structurelle, qui incluait l’utilisation novatrice de matériaux composites comme le hayon arrière en plastique ou des épaisseurs d'acier optimisées par calcul informatique, l'AX arborait une silhouette d'une grande fluidité. Son coefficient de traînée aérodynamique présentait un Cx de 0,31, une valeur remarquable pour une citadine de l'époque, obtenue grâce à des ajustements précis tels que des vitrages affleurants et un soubassement profilé. Ce rapport parfait entre un poids plume et une pénétration dans l'air rigoureusement étudiée a immédiatement donné naissance aux paris et aux records les plus fous de la part du service de communication de la marque, désireux de démontrer le potentiel phénoménal de cette voiture. Parmi ces défis marketing, un itinéraire particulièrement exigeant fut tracé pour frapper les esprits à l'échelle européenne : rallier Douvres à Barcelone avec un réservoir standard.
Le raid Douvres-Barcelone : l'épopée du record du monde homologué
C'est au cours de l'année 1989 que Citroën organise cette démonstration spectaculaire et scientifique afin de valider de manière irréfutable les qualités de sobriété de sa citadine. Le parcours sélectionné n'avait pas été choisi au hasard : relier le port de Douvres, au sud du Royaume-Uni, à Barcelone, la métropole espagnole en pleine mutation à l'approche de ses futurs Jeux Olympiques. Ce tracé imposait de traverser l'intégralité du territoire français du nord au sud, en affrontant des topographies variées, des zones de plaines jusqu'aux contreforts des Pyrénées, le tout sous le contrôle rigoureux d'observateurs indépendants chargés de certifier l'authenticité de l'épreuve.
Les détails techniques de cette performance forcent encore le respect aujourd'hui. L'exemplaire de la Citroën AX Diesel engagé dans l'aventure était strictement de série, équipé de pneumatiques de dimensions modestes, spécialement sélectionnés pour leur faible résistance au roulement, gonflés à des pressions optimales pour limiter les frictions au sol. Le réservoir de carburant, d'une capacité maximale de seulement 38 litres, fut scellé officiellement au départ de Douvres après un remplissage minutieux. Pour mener à bien cette mission, l'équipage a dû adopter des principes stricts d'éco-conduite, anticipant les ralentissements, stabilisant la vitesse sur les portions autoroutières et routières, et tirant le meilleur parti du couple disponible du moteur TUD de 52 ch sans jamais solliciter inutilement la mécanique.
Au terme d'un périple d'endurance mécanique et de concentration humaine, la petite AX franchissait les frontières espagnoles et atteignait Barcelone sans encombre. La distance totale parcourue s'élevait à plus de 1 600 km avec cette unique charge de gazole. À l'arrivée, le calcul de la consommation moyenne laissa les techniciens et les journalistes pantois : l'AX Diesel avait stabilisé son appétit à un niveau exceptionnel de 2,7 l/100 km. Une telle performance permit immédiatement à la citadine d'obtenir son homologation officielle et son entrée mémorable au Guinness Book, s'imposant comme la voiture de série la plus économe de son époque. Cet exploit mémorable ne fut cependant pas une action isolée, car l'AX Diesel allait accumuler d'autres distinctions majeures sur le Vieux Continent.
Une moisson de distinctions : les autres records de la citadine aux chevrons
Forte de ce succès retentissant entre Douvres et Barcelone, la direction commerciale de la marque décida de décliner cette thématique de l'efficience maximale à travers plusieurs campagnes ciblées sur ses marchés stratégiques, notamment en France et au Royaume-Uni. L'objectif était de prouver aux consommateurs ordinaires que les chiffres obtenus par des pilotes professionnels lors des records du monde pouvaient se traduire par des économies substantielles au quotidien pour le portefeuille des ménages.
Outre-Manche, le réseau Citroën organisa plusieurs défis d'endurance sur autoroute et sur circuits fermés, sous l'égide d'organismes de certification britanniques. Plusieurs flottes d'AX Diesel de série furent lancées sur de longues distances pour démontrer qu'un utilisateur britannique pouvait traverser le pays d'un bout à l'autre sans jamais s'arrêter dans une station-service, un argument de poids à une période où la fiscalité sur le gazole commençait à devenir avantageuse. Les campagnes publicitaires britanniques mettaient en scène de manière humoristique des conducteurs d'autres marques immobilisés à la pompe, regardant passer l'AX avec envie.
En France, Citroën a brillamment mis en avant cette sobriété record par le biais d'opérations marketing percutantes restées célèbres, à l'image du slogan mémorable vantant la possibilité d'effectuer 700 km avec seulement 15 francs de carburant de l'époque. Des concours de consommation furent également mis en place au sein du réseau de concessionnaires, invitant le grand public à venir tester son propre style de conduite au volant de la petite berline. Cette stratégie de communication globale, appuyée sur des faits réels et des victoires face au chronomètre et à la jauge, permit à l'AX Diesel de s'installer durablement en tête des ventes de véhicules économiques, transformant une innovation technique en un véritable phénomène sociétal qui démontrait qu'une voiture populaire pouvait être à la fois accessible, gratifiante et respectueuse des ressources.
L'épopée de la Citroën AX Diesel appartient assurément à une autre époque de l'industrie automobile, une ère révolue où les ingénieurs travaillaient de manière concrète et pragmatique sur l'essence même de la physique en réduisant drastiquement le poids des structures et en optimisant l'aérodynamisme réel des carrosseries. Cette période bénie permettait à la recherche d'une consommation basse de donner naissance à des défis d'endurance fascinants, portés par une communication audacieuse, transparente et profondément humaine. Aujourd'hui, le discours automobile contemporain semble totalement monopolisé par les motorisations électriques, les impératifs d'autonomie des batteries et des promesses d'efficience numérique. Pourtant, force est de constater que la petite AX possédait déjà toutes ces vertus fondamentales il y a près de quarante ans, sans la lourdeur des technologies actuelles.







J'ai possédé une thalassa diesel avec laquelle j'ai eu des misères avec le 1.4L verdict problème de segmentation perdu les deux rétroviseurs sur l'autoroute et problème de ventilation.
J'ai quand-même pris plus tard la version 2 essence prestige que l'on m'a volé.
Malgré ça j'adore toujours cette voiture 😉
Souvenir souvenir. J'ai commencé a prendre l'AX 11 TRE paternelle au début. Voiture tres amusante conduire. Par contre fiabilite deplorable ( c'etait une des premieres) avec pot d'echappement à chnger tous les 2 ans !! et pleins de soucis d'habitacle. Plus tard une copine avec une TRD diesel donc. Consommait vraiment rien...mais a part la 2CV sans doute la plus bruyante auto avec laquelle j'ai du rouler !! Une vieille 205 diesel etait moins bruyante !
L' AX était vraiment une citadine révolutionnaire, même si son allure se voulait consensuelle, du moins sur les versions "grand public". Son Cx, son efficacité énergétique, la vivacité de ses moteurs, l'agrément de son levier de vitesse, sa bonne tenue de route en dépit de sa légèreté, . son rapport encombremen/Habitabilité, était sans pareil. Une de ses idées géniales était sa tablette arrière réversible. Ainsi, si vous aviez à charger dans le coffre, une valise très haute par exemple, il suffisait de retourner la tablette arrière, pour bénéficier des cm gagnés grâce au creusement prononcé en position normale. Lors de son profond restylage, à l'orée des années 1990, elle avait gagné un tableau de bord plus cossu, mais moins original…
Mon père en a eu une
Un style pas forcément puissant mais des solutions techniques audacieuses
Je me souviens d’un point sur lequel citroen communiquait « il etait possible de mettre une bouteille d’eau d’1,5 l dans un espace dédié dans la portière mais je ne sais plus si c’était uniquement sur la 3 portes ou les deux !