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[Les concepts Citroën] Xanthia : le surprenant cabriolet haut de gamme qui fête ses 40 ans

9 août
5 min de lecture
Citroën Xanthia

Dans le cadre de notre série thématique consacrée aux concepts Citroën, il est des véhicules qui marquent l'histoire non pas par leur entrée en production, mais par l'empreinte indélébile qu'ils laissent dans le patrimoine génétique d'une marque. Si la plupart des études de style s'éteignent doucement dans les réserves des constructeurs une fois les projecteurs des salons éteints, certaines parviennent à transmettre un héritage inattendu. C'est précisément le destin singulier de la Citroën Xanthia, un prototype audacieux qui n’a jamais connu les lignes d’assemblage de série sous sa forme originelle, mais dont le patronyme a intégré la gamme de manière magistrale quelques années plus tard. Présenté à une époque de profonde mutation pour le constructeur aux chevrons, ce véhicule incarne une passerelle technique et philosophique majeure entre la simplicité économique d'une citadine et le raffinement technologique.

L'origine du concept Xanthia : une vitrine d'émotions pour une nouvelle ère

Lorsqu'ouvre le Mondial de l'Automobile de Paris 1986, toute l'attention du stand Citroën se concentre légitimement sur le lancement commercial de l'AX. Cette petite berline à trois portes a la lourde tâche de succéder à la Visa et de repositionner la marque sur le segment crucial des citadines économiques grâce à une légèreté aérodynamique record. Pourtant, pour accompagner cet avènement industriel, la direction de la marque souhaite démontrer que sa nouvelle plateforme ne se limite pas à des critères de stricte rationalité budgétaire. C'est dans ce contexte précis que le Centre de Style Citroën dévoile la Xanthia, un concept-car conçu pour insuffler une dose massive de désirabilité et de passion autour du projet initial.

Cette étude de style, qui célèbre ses 40 ans cette année, avait pour mot d'ordre d'illustrer la joie de vivre à travers l'automobile. À une époque où la concurrence allemande et italienne commence à investir massivement le champ des véhicules de loisirs, les ingénieurs français décident de concevoir un cabriolet 2+2 compact, dynamique et résolument haut de gamme. L'objectif avoué est de séduire une clientèle jeune, urbaine et hédoniste, tout en prouvant la polyvalence technique du châssis de l'AX.

La grande subtilité de l'architecture de ce prototype réside dans sa configuration spatiale. Visuellement perçue comme un strict roadster biplace profilé pour la vitesse, la Xanthia dispose pourtant de deux assises supplémentaires. Les concepteurs ont habilement dissimulé ces deux places arrière sous la carrosserie, juste en dessous de l'imposant arceau de sécurité central. Cet aménagement spécifique permettait de préserver une ligne de carrosserie fluide et un profil de spider authentique lorsque le conducteur voyageait seul ou en couple, tout en offrant une polyvalence occasionnelle par le biais d'un ingénieux système de capotage rétractable.

L'esthétique de la Xanthia : l'alliance du minimalisme et du grand luxe

Sur le plan stylistique, le travail réalisé par les équipes de design s'avère particulièrement audacieux. La filiation avec la citadine de grande série est évidente au premier regard, puisque la Xanthia reprend l'intégralité de la face avant de l'AX, incluant ses optiques rectangulaires caractéristiques et sa calandre minimaliste ornée des chevrons excentrés. Cependant, cette parenté s'arrête net dès que l'œil dépasse le montant du pare-brise. À partir de cet axe, les stylistes ont redéfini chaque courbe pour créer une silhouette radicalement basse, mesurant seulement 1,13 mètre de hauteur pour une longueur contenue de 3,95 mètres.

Le pare-brise d'origine a été drastiquement raccourci et incliné pour accentuer l'effet de vitesse, tandis que le pavillon a été intégralement supprimé pour configurer une véritable carrosserie ouverte. La partie arrière du véhicule subit une métamorphose complète : la poupe intègre un spoiler noir horizontal qui relie harmonieusement les blocs optiques, surplombant une double sortie d'échappement carrée qui souligne les velléités sportives de l'engin. L'ensemble est dominé par un imposant arceau de sécurité profilé qui structure la ligne latérale du véhicule et assure la rigidité structurelle de cette carrosserie entièrement ouverte.

Si l'extérieur frappe les esprits par sa sportivité, l'habitacle marque une rupture encore plus nette avec la philosophie spartiate de l'AX de base. Alors que cette dernière chasse le moindre gramme superflu, la Xanthia plonge ses occupants dans un univers technologique d'une opulence rare pour le milieu des années 1980. Les sièges se parent d'une somptueuse sellerie en cuir rouge cousue main, assortie d'un système de réglages électriques à mémoire de position.

Le conducteur fait face à une planche de bord futuriste qui regorge d'équipements totalement inédits pour une voiture de cette catégorie à l'époque : un véritable ordinateur de bord, un téléphone embarqué intégré à la console centrale, une chaîne haute-fidélité haut de gamme, ainsi que des capteurs innovants indiquant la pression et la température des pneumatiques. Une anecdote technique captive particulièrement les connaisseurs de la marque : pour l'instrumentation, les concepteurs ont choisi d'intégrer le combiné de la Citroën BX, un emprunt astucieux qui permettait d'offrir une lecture complète et valorisante des constantes du moteur sans avoir à développer un bloc d'affichage spécifique pour ce modèle unique.


Un patronyme historique et le culte de la couleur monochrome

En dépit de l'accueil enthousiaste du public lors de sa présentation parisienne, la Citroën Xanthia n'a jamais franchi le cap de la production industrielle. Les priorités financières du groupe PSA exigeaient alors de concentrer la totalité des investissements sur la montée en cadence de l'AX standard et sur le renouvellement des segments à fort volume. De plus, le marché des petits cabriolets de niche demeurait trop restreint pour rentabiliser l'industrialisation d'un tel véhicule. Le prototype est donc resté un exemplaire unique roulant, conservé précieusement au sein des collections du Conservatoire Citroën, avant d'être exposé à la vue du grand public lors de l'édition 2014 du salon Rétromobile.

Néanmoins, l'histoire retient que le nom de ce concept-car a survécu à sa propre destinée technique. Au début des années 1990, lorsque la direction marketing cherche un nom fort, fluide et évocateur pour désigner la berline familiale appelée à succéder à la BX, les équipes se replongent dans les archives de la marque. Le patronyme est alors sélectionné pour sa musicalité, subissant simplement la perte du H pour donner naissance à la Citroën Xantia de série en 1993. Ce glissement nominal crée d'ailleurs une confusion fréquente chez de nombreux amateurs qui s'imaginent, à tort, que le concept de 1986 préfigurait les lignes de la berline des années 1990, alors qu'aucun lien technique n'unit ces deux véhicules.

Une autre particularité indissociable de ce prototype réside dans son traitement chromatique sans concession. La Xanthia demeure à ce jour l'une des créations les plus rouges de la marque, arborant une teinte extérieure écarlate ultra-lumineuse qui fait écho à un habitacle entièrement tendu de cuirs, de moquettes et de plastiques de la même couleur. Ce parti pris esthétique fort, typique de l'exubérance créative de la fin du vingtième siècle, confère au véhicule une présence visuelle absolument unique dans l'histoire des concept-cars français.

Quarante ans après sa toute première apparition publique, force est de constater que le concept Citroën Xanthia n’a rien perdu de sa superbe ni de sa pertinence conceptuelle. Aux côtés de l’AX de série dont elle partageait la base technique, cette étude de style audacieuse démontrait qu'une architecture économique pouvait parfaitement servir de fondation à un véhicule de plaisir haut de gamme et désirable. Parée de sa robe rouge incandescente, la Xanthia reste le témoin privilégié d’une époque où le bureau de style de la marque aux chevrons laissait libre cours à son immense créativité, repoussant les limites de l’électronique embarquée et du luxe intérieur pour sublimer une simple citadine populaire.

1 commentaire

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Citrofan
Citrofan
09 août
•
Chevronné
Noté 5 étoiles sur 5.

Un concept particulier qui n’a pas laissé un grand souvenir gravé dans les mémoires

L’AX aussi pleine de qualité qu’elle fut n’avait pas le pouvoir attractif de la R5 ou de la 205 dans cette catégorie il aura fallu a mon gout attendre la C3 III pour avoir un style aussi séduisant que celui des deux premières citées

Depuis d’ailleurs, ni Renault ni peugeot n’ont refait quelque chose de plus populaire que ces modèles emblématiques !

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À propos de l’auteur
✍️ Je m’appelle Jérémy K., fondateur du site Passionnément Citroën.
Passionné d’automobile depuis toujours et de Citroën en particulier, je partage chaque jour l’actualité de la marque à travers des articles, essais, analyses et dossiers.
J’ai également créé le magazine Être Citroëniste et la chaîne YouTube Passionnément Citroën, pour faire vivre et transmettre cette passion sous toutes ses formes.
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