Rencontre avec Eric Leton, Directeur du Conservatoire Citroën

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Rencontre avec Eric Leton, Directeur du Conservatoire Citroën



“On est ouverts !” C’était le mot de la fin de notre visite au Conservatoire Citroën. Toujours situé sur le site de l’usine (fermée elle) d’Aulnay, et donc toujours ouvert, ce lieu qui regroupe les plus belles pièces de l’histoire de la marque au Chevron s’ouvre toujours. Rencontre et interview d'Eric Leton, le directeur des lieux.

Bonjour Eric Leton, en fait vous êtes arrivé ici il n’y a pas si longtemps.

Eric Leton : Alors je suis rentré dans le groupe en 1989. J’ai eu plusieurs activité, en production, recherche et donc ici au conservatoire. J’ai la chance d’être passionné de la marque depuis mes 14 ans, ma première voiture est une DS, donc je connais bien la gamme, je connais bien l’histoire, j’ai une Rosalie, j’ai une B14. Donc voilà, je suis pas trop mal placé pour m’occuper du patrimoine, puisque je connais la marque, je connais l’histoire, des anecdotes, et puis je suis un mécanicien autodidacte. Je suis à la base mécanicien industriel, on va dire ça comme ça, automaticien et mécanicien industriel mais j’ai la passion de la mécanique auto.

Quand je suis arrivé dans le groupe, c’était dans la partie production, mais comme le produit m’intéressait, j’ai souhaité me rapprocher du produit. J’ai fait de la recherche, et puis je suis arrivé au patrimoine. J’aurais pu faire de la vente, mais je suis bien ici.


Quelles sont concrètement vos missions au conservatoire ?

Mes missions au conservatoire, maintenant qu’on fait partie de l’association Aventure Peugeot Citroën DS, on est missionnés par le groupe pour entretenir et pérenniser l’histoire. Ça c’est notre première mission. Et la deuxième mission c’est d’accompagner les collectionneurs, pour répondre à leurs demandes, ne serait-ce qu’en terme de restauration et d’entretien, avec aussi la fourniture de pièces avec mes collègues de Sochaux.

En fait vous êtes à mi-chemin entre le chef d’atelier et le conservateur de Musée…

C’est ça, c’est ça ! J’ai un peu les deux casquettes. Je suis responsable du bâtiment et des pièces de la collection. Il y a une autre personne qui est en charge de la structure de la collection, qui est à Sochaux, un vrai conservateur, et puis moi je m’occupe de pérenniser l’histoire coté Citroën.

Donc la collection, actuellement, compte combien d’autos ?

On doit être à peu près à 600 pièces, automobiles, et puis tous les objets qu’on peut trouver autour de 10 décennies d’histoire, un centenaire d’histoire.

On voit ici quelques autos de compétition, cela représente à peu près quelle proportion de la collection ?

Difficile à dire, on doit être à un petit dix pour cent. Une soixantaine de modèles.

Et du coup, la plus ancienne c’est…

La Type A, 1919.



Et la plus récente ?

La plus récente, la dernière c’est la DS5 LS R. Les plus récentes ce sont les DS 5. J’ai récupéré une C4, dernière série une B7, un prototype d’étude. En extérieur, voilà c’est la C4, mais ils ont testé un autre système de suspension. Et puis j’ai un K0 aussi, enfin un Space Tourer. Voilà, après on peut remonter, C5… On essaye, soit de racheter, parce qu’il faut qu’on rachète aussi les modèles, et puis aussi de récupérer tout ce que la marque peut nous offrir et nous mettre à disposition.

Du coup c’est le Conservatoire Citroën, mais DS est encore présent !

Oui DS Automobiles est intégré à l’association. Et ici on fait les deux.

Ce n’est pas prévu que DS ait son entité séparée, comme en production ?

Non, non, pas du tout.

Vous personnellement, ce serait laquelle votre préférée ?

Ah ! (rires) Moi je suis un peu fanatique des avant-guerre. Et j’adore la SM. Des DS j’en ai eu des dizaines. Donc c’est difficile hein. Mais j’ai quand même une préférence pour les avant-guerre, les Rosalie, les C4… ah moi je rêverais d’une C6. Une C6 avant-guerre évidemment (rires). Ce sont des véhicules qui commencent à être un petit peu inabordables, mais les avant-guerre ont beaucoup baissé, au niveau des prix, mais aussi au niveau des différentes manifestations. Les gens les sortent moins, la génération actuelle est plus Youngtimers, voilà. Ça reviendra, c’est comme tout, c’est des effets de mode.

Dans le Conservatoire Citroën, quel véhicule êtes vous le plus fier de posséder ?

C’est compliqué parce que moi j’ai travaillé sur le projet Hybrid Air sur les dernières années. J’ai un des modèles que j’ai gardé fonctionnel, pour lequel je me suis battu. Donc ça c’est un de ceux que, moi, j’ai amené, donc forcément j’en suis fier. Mais sinon après j’adore tous les concepts, j’essaye de passer un maximum de temps à entretenir et redémarrer tous les véhicules. C’est difficile, il y a toujours beaucoup de choses à faire.

On a même au sein de la collection, alors que ça n’a rien à voir ni avec Citroën, ni avec Peugeot, on a un véhicule qui est un motorhome, un Bus Américain. Il a été utilisé en Peugeot F1, et en Citroën WRC. C’est un véhicule que j’ai remis en route. C’est un gros véhicule, on est hors toute catégorie. C’est le côté recherche, comprendre comment ça marche, c’est américain, complètement différent, même les filetages sont différents, les clés sont différentes, la technique est différente… donc faut comprendre.

Vous faites des acquisitions de nouveaux véhicules ?

Oui. Régulièrement. Soit on a des dons, des gens nous donnent des véhicules. Le dernier don, c’est une Mehari 4×4, c’est pas rien. Mes prédécesseurs ont reçu une Citroën Traction Cabriolet, un don venu d’un couple sans héritiers, c’était leur décision. Et puis on a des achats de véhicules. Le bus U23 par exemple, qu’on a complètement restauré, c’est une acquisition. La dernière acquisition, c’est une Cimos, Dyane. On en expose une restaurée par le collectionneur qui nous la met à disposition, mais on a aussi fait l’acquisition d’un véhicule qui est à restaurer. Un jour ou l’autre on fera le nécessaire.

Pour finir, vu qu’il se dit beaucoup de chose à ce sujet, par rapport au déménagement. Qu’est ce qui va se passer dans les prochains mois pour Citroën Héritage ?

Le Conservatoire Citroën est ouvert au public, et il reste ouvert, tant qu’on ne déménage pas les collections, et on déménagera dans le 2e semestre 2019. On verra comment va s’articuler ce déménagement. Le but est d’offrir un autre lieu, une autre visibilité d’exposition, plutôt muséographique, plus évoluée. C’est l’objectif. Après pour plus de détails, il faut voir avec le directeur de l’Aventure qui vous expliquera tout ça.

Et pour la partie atelier ?

Bah nous on a besoin d’un atelier, pour travailler, pour entretenir, pour faire vivre, et puis pour accompagner les collectionneurs. Et on veut développer dans le même esprit que le musée de l’Aventure Peugeot à Sochaux, des salles pour des séminaires, une brasserie, etc…


Source :

https://newsdanciennes.com/2018/06/23/rencontre-avec-eric-leton-directeur-du-conservatoire-citroen/