Pour Carlos Tavares, la hausse des émissions de CO2 en Europe est dû au Diesel Bashing



En 2018, le niveau des émissions de CO2 des véhicules immatriculés en Europe est en hausse et il le sera probablement aussi en 2019. Cette situation tient en grande partie à la chute violente des ventes de véhicules Diesel, elle-même liée au "Diesel bashing", a dit Carlos Tavares lors d’une conférence de presse la semaine dernière en tant que président de l’ACEA.

"Chaque fois que le mix de vente pétrole/Diesel va vers le pétrole, automatiquement et mécaniquement les émissions de CO2 augmentent", a rappelé Carlos Tavares, lors d’une intervention la semaine dernière. Le PDG du groupe PSA s’exprimait en tant que président de l’ACEA. "A chaque fois que nous sommes confrontés au Diesel bashing, les consommateurs achètent des véhicules essence", a-t-il dit : "Ils ne vont pas directement vers l’électrique mais passent par l’essence." 

C’est en effet ce que montrent les statistiques 2018 publiées par l’ACEA : la part des ventes de Diesel en Europe a baissé de 8,1 points (passant de 44% en 2017 à 35,9% en 2018) alors que sur la même période la part des véhicules essence a monté de 6,4 points (de 50,3% à 56,7%).

En 2018, la part des véhicules électriques est restée marginale à 2% (0,5 point de mieux), celles des hybrides aussi à 3,8% (1 point de mieux). Si l’on ne connait pas encore la valeur moyenne des émissions de CO2 en Europe (les chiffres ne seront pas publiés avant plusieurs mois), elle était de 118,5g/km en 2017 (déjà en hausse par rapport à 2016). Tout cela ne va donc pas dans le bon sens et le marché au lieu de s’en rapprocher s’éloigne de la cible des 95g/km en 2020/2021. Individuellement, cette baisse des ventes de Diesel dans leur mix éloigne tous les constructeurs de leur objectif CO2 de 2020/2021. Le cabinet d'analyse PA Consulting a d'ailleurs calculé que les constructeurs pourraient payer 4 milliards d'euros d'amende en 2021 pour non respect des objectifs CO2.

Le problème, en quelque sorte, est que dans une démocratie "à la fin c’est le consommateur qui décide", a souligné Carlos Tavares. Pour que les clients achètent des véhicules électriques dont l’offre va considérablement augmenter dans les mois et les années à venir il faut que trois conditions soient réunies : l’infrastructure, l’autonomie et un prix abordable. "Si on n’a pas les trois, nous irons toujours du Diesel vers l’essence et pas vers le véhicule électrique", a-t-il dit. Les choix des consommateurs ne sont pas faits sur des bases rationnelles, estime le président de l’ACEA puisque les constructeurs "ne sont pas considérés comme crédibles pour donner des recommandations".

Carlos Tavares n'est pas optimiste. Il estime que la hausse du mix essence au détriment du Diesel devrait se poursuivre en 2019 et les émissions de CO2 continuer d'augmenter. Il a aussi dit que dès le deuxième semestre de cette année, les stratégies des constructeurs seront impactées par le respect de leur objectif spécifique de CO2 de 2020. En fonction des technologies et de leurs gammes, et compte tenu de l’incertitude de la demande des consommateurs, le président de l’ACEA annonce une grande variété de stratégie entre les constructeurs.


Source :

http://www.autoactu.com/le--diesel-bashing--responsable-de-la-hausse-des-emissions-de-co2-automobile-en-europe--selon-carlos-tavares.shtml

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